‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 315 sur 689 · IMPOSSIBILITÉ DE TUBERCULISER LES POULES · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ DE TUBERCULISER LES POULES

donc bien le droit de conclure, dit Hip. Martin, que, dans les conditions d'expérimentation où nous nous sommes placés, les poules et les pigeons, inoculés par la voie péritonéale avec du tubercule de cobaye et d'enfant, ont été totalement réfractaires à la tuberculose. »

Hip. Martin fit en outre une constatation fort intéressante. Il préleva du sang sur plusieurs de ces poules et de ces pigeons inoculés avec des produits tuberculeux, mais demeurés indemnes de tuberculose, et il injecta ce sang dans le péritoine de cobayes. Un certain nombre de ces cobayes devinrent tuberculeux. Ces résultats furent obtenus avec du sang de poules et de pigeons tués 2, 4, 7 et 8 mois après avoir subi l'inoculation tuberculeuse. « Ces faits prouvent, dit Martin, que les germes ou microbes tuberculeux peuvent séjourner dans l'organisme de certains animaux réfractaires plusieurs semaines ou plusievirs mois et y conserver, dans une sorte de vie latente, leurs propriétés infectieuses qui ne se manifesteront que plus tard, après transplantation dans un milieu favorable à leur pullulation ^ »

Mais ces faits négatifs passèrent à peu près inaperçus devant les observations et les expériences semblant établir la transmissibilité de la tuberculose de l'bomme et des mammifères aux oiseaux : l'identité de la tuberculose dans toutes les espèces animales n'était du reste mise en doute par personne.

En 1888, je communiquai au Congrès de la tuberculose les résultats d'expériences instituées en collaboration avec R. Wurtz sur l'infection des poules par l'ingestion de produits tuberculeux humains. 7 jeunes poules et 1 coq furent soumis à l'ingestion, systématiquement répétée chaque jour, de crachats de phtisiques. Chacun de ces animaux recevait par jour au moins un plein crachoir de crachats de tuberculeux riches en bacilles. Ces crachats étaient mêlés à du pain trempé et les poules s'en nourrissaient avec avidité; on leur donnait en outre, mais moins régulièrement, un hachis composé de farine et de poumons d'hommes tuberculeux. Ces animaux étaient tenus dans un hangar spacieux de l'hôpital Saint-Antoine. Les expériences

]. Martin (H.), Recherches ayant pour but de prouver qu'après un séjour variable dans un milieu réfractaire, les microbes tuberculeux peuvent conserver encore à des degrés divers leurs propriétés infectieuses [Etudes expér. et cliniques sur la tuberculose, publiées sous la direction de Verneuil, t. 1, 1887, p. 362).

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