PAR INOCULATION OU INGESTION DE PRODUITS HUMAINS
ont été commencées en 1887 et la durée de l'ingestion quotidienne des crachats et des produits tuberculeux a varié entre cinq mois et une année.
Tous ces animaux en expérience se sont maintenus en parfait état de santé, les plumes luisantes, la crête rouge, et ont augmenté de poids ; au printemps et en été les poules ont régulièrement pondu des œufs revêtus d'une solide coque calcaire. Une de ces poules fut sacrifiée le 23 février 1888, après sept mois de ce régime. Deux autres poules ont été sacrifiées le 23 juin; chacune d'elles avait absorbé plus de 45 kilogrammes de crachats tuberculeux. On ne put constater chez ces animaux aucune trace de tuberculose sur l'intestin, non plus qvie sur le foie, la rate, les ovaires, le poumon, la moelle des os, etc. Des fragments de ces divers organes furent durcis dans l'alcool absolu et, sur les nombreuses coupes pratiquées, on ne put déceler ni nodules tuberculeux, ni bacilles. Enfin des fragments de ces mêmes organes furent insérés sous la peau et dans le péritoine de cobayes, sans donner naissance à aucune lésion tuberculeuse locale ou généralisée.
Le 27 juillet 1888, nous avons présenté vivants, aux membres du Congrès, les quatre autres animaux : une poule et un coq soumis à ce régime depuis le 1*=' février (six mois), une poule depuis le 1'^'' janvier (sept mois), et enfinune dernière poule mise à ce régime depuis un an exactement (du 25 juillet 1887 au 26 juillet 1888). Nous avons calculé que cette dernière poule avait ingéré, pendant cette année, au minimum 50 kilogrammes de crachats tuberculeux ! Tous ces animaux étaient en parfait état de santé. L'autopsie de ces poules, faite devant les membres du Congrès, a montré l'intégrité de tous les organes et l'absence de toute lésion tuberculeuse. L'examen microscopique et bactériologique de ces organes, pratiqué depuis, a confirmé ce résultat négatif.
Nous tirâmes de ces expériences la conclusion que les gallinacés sont extrêmement réfractaires à la tuberculose par ingestion et qu'ils peuvent avaler pendant très longtemps des quantités véritablement énormes de matières tuberculeuses, sans présenter aucune lésion tuberculeuse'.
1. Straus et Wurtz, Sur la résistance des poules à la tuberculose par ingestion [Congres pour l'étude de la tuberculose, Paris, 1888, p. 328).