‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 329 sur 689 · LE BACILLK AVIAIRE ET CELUI DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

LE BACILLK AVIAIRE ET CELUI DES MAMMIFÈRES

existent entre les deux virus et déclarent qu'« elles sont considérables ». Mais ils nient que ces différences suffisent pour établir une distinction radicale entre les deux bacilles et pour les considérer comme appartenant à deux espèces séparées. « Les résultats que nous avons obtenus, disent-ils, ceux qui ont été signalés par les autres expérimentateurs, nous portent à penser que les deux bacilles tuberculeux ne représentent que deux variétés d'une même espèce. Sans doute, ces deux variétés sont très différentes, et il est impossible d'appliquer à l'une les résultats obtenus avec l'autre; on devra donc, pour éviter le retour des confusions qui se sont produites, toujours indiquer de quel virus on se sera servi. Mais à côté des caractères distinctifs fort importants on retrouve un fonds commun qui permet de rapprocher ces deux agents pathogènes et de les considérer comme dérivant d'une souche unique : l'unité de la tuberculose des mammifères et des gallinacés, telle est la conception qui nous paraît cadrer le mieux avec l'ensemble des faits observés jusqu'ici'. »

Gourmont et Dor apportèrent également des expériences destinées à mettre en évidence l'identité des deux tuberculoses. Ils constatèrent que l'inoculation sous-cutanée d'une dose assez forte de culture de bacilles aviaires à deux poules les fit périr d'une tuberculose généralisée aux viscères abdominaux et aux poumons; en outre la moelle osseuse des fémurs et des tibias était infiltrée de tubercules, ainsi que le tissu osseux qui avait subi la nécrose en certains points. Avec les produits tuberculeux du foie d'une de ces poules, produits très riches en bacilles, on inocula sous la peau une troisième poule qui demeura bien portante en apparence pendant trois mois ; à l'autopsie, on ne trouva que quelques rares tubercules disséminés sur le foie et l'intestin. Une poule soumise à l'injection d'environ 20 ce. de la même culture fut sacrifiée cinq mois après, dans un état général assez satisfaisant; elle présentait quelques tubercules du foie et de la rate, une éruption tuberculeuse des poumons et quelques granulations sur la muqueuse de l'intestin grêle. Deux poules furent inoculées sous la peau de la cuisse, l'une avec une émul-

1. Cadiot, Gilbert et Roger, Inoculation de la tuberculose aviaire au cobaye et aux gallinacés de la tuberculose des mammifères [Mém. de la Soc. de BioL, 1891, p. 81). —Contribution à letude de la tuberculose ny'mirc [Congrès pour l'étude delà tuberculose, Faris, 1891, p. 69).

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