‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 331 sur 689 · PRÉTENDU TRANSFORMISME DES DEUX BACILLES · texte numérisé non relu

PRÉTENDU TRANSFORMISME DES DEUX BACILLES

Sur 48 cobayes inoculés à la cuisse avec ces mêmes cultures, 42 présentèrent « une généralisation tuberculeuse impossible à distinguer d'une généralisation consécutive à la tuberculose humaine ou bovine ». Courmont et Dor pensent que ces bacilles aviaires ont acquis la propriété de devenir pathogènes pour les cobayes, au même degré que les bacilles humains, parce qu'ils avaient été cultivés pendant plusieurs années de suite, sur des milieux artificiels, en dehors de l'organisme de la poule. A l'appui de cette hypothèse, ils invoquenl l'expérience suivante : une poule est rendue tuberculeuse par l'inoculation de la culture aviaire en question ; on inocule avec des fragments du foie de cette poule, qui contient un grand nombre de bacilles, 2 lapins et 2 cobayes, sous la peau de la cuisse; les deux lapins, sacrifiés deux mois après ne présentèrent aucvme trace de tuberculose ; les deux cobayes moururent au bout d'un et de deux mois ; le premier présentait seulement un abcès local caséeux, avec caséification des ganglions cruraux; le second n'offrait aucime lésion appréciable. Un seul passage par la poule aurait donc suffi pour faire perdre aux bacilles aviaires la propriété de tuberculiser le lapin et le cobaye, propriété qu'ils avaient acquise par leur longue culture successive en dehors du corps des poules.

« En conséquence, concluent Courmont et Dor, nous estimons que toutes les probabilités sont en faveur de l'unité de l'espèce : bacille tuberculeux de Koch. Les bacilles aviaires et ceux des mammifères, certainement distincts, ne seraient que deux races d'une môme espèce'. »

Arloing, s'appuyant surtout sur les recherches précédentes de Courmont et Dor, attribue une importance bien plus grande aux caractères communs qui rapproohent les deux bacilles qu'aux particularités qui les distinguent, et il admet que l'on peut arriver, par une adaptation graduelle, à transformer l'un de ces bacilles en l'autre. « Je pense, dit-il, que la tuberculose aviaire est spécifiquement semblable à la tuberculose humaine et bovine, mais qu'elle présente, par suite d'une sorte d'adaptation acquise dans l'organisme de la poule, des particularités i^emarquables. J'estime que les difïérences qui séparent les bacilles aviaires des bacilles humains, au point de vue de leur forme, de leur

1. Courmont et Dor, Tuberculose aviaire et tuberculose des mammifères {Congrès pour Vét.ude de la tuberculose, Paris, 1891, p. 119).

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