NOUVEAUX DOCUMENTS A L'APPUI DE LEUR DISTINCTION
végétabilito ou de leur façon de se comporter vis-à-vis des divers organismes, sont d'importance secondaire et ne suffisent pas à en faire deux espèces distinctes; autrement dit, que le bacille de la tuberculose aviaire est une simple variété bien fixée ou mieux une race du bacille tuberculeux de Koch'. »
Nocard, d'après ses premières constatations, avait cru pouvoir admettre, comme on Fa vu, que les poules s'infectent aisément et sûrement par l'ingestion de crachats d'hommes phtisiques; il fut amené, à la suite des faits négatifs publiés par Wurtz et par moi, à reprendre expérimentalement la question et à revenir sur ses conclusions antérieures. Il se procura six poules adultes et vigoureuses et les divisa en trois lots : les deux premières reçurent à manger le foie d'une poule tuberculeuse; deux autres, 1000 grammes de poumon de vache phtisique; enfin, les deux dernières servirent de témoins et furent isolées dans un local où n'avaient jamais séjourné d'animaux malades. Les quatre premières poules moururent avec des lésions tuberculeuses du foie, de la rate et de l'intestin ; mais il en fut de même des deux poules témoins. « Ainsi, dit Nocard, mon expérience était à refaire. Ces poules, achetées saines en apparence, grasses et vigoureuses, provenaient d'une basse-cour infectée. » Pour se mettre à l'abri de cette cause d'erreur, Nocard se procura quatre autres poules, adultes et vigoureuses, provenant d'une basse-cour où il n'y avait jamais eu de cas de tuberculose. On divisa ces animaux en deux lots : les deux poules du premier lot reçurent 500 grammes de matière tuberculeuse de la vache ; deux autres poules reçurent une pâtée abondamment arrosée d'une culture de bacille aviaire; ces dernières moururent quatre mois après, avec les lésions ordinaires de la tuberculose spontanée des volailles; les deux premières demeurèrent saines.
Des résultats semblables furent obtenus en expérimentant, non plus sur des poules âgées, mais sur de jeunes poulets de deux mois. Nocard leur fit manger du poumon et des ganglions tuberculeux de vache, des organes tuberculeux de lapin infecté de tuberculose porcine; aucun de ces poulets ne contracta la tuberculose. Inoculés à diverses reprises avec des produits
1. Arloing, Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies, Va.ris, 1892, p. 202.