CARACTÈRES DISTINCTIFS DES DEUX BACILLES
ils montrent bien qu'il existe deux sortes différentes de bacilles de la tuberculose'. »
Tels sont les principaux documents relatifs à l'étude comparative des bacilles de la tuberculose des mammifères et de celle des oiseaux. Les rapports qui existent entre ces deux bacilles ont été, surtout depuis la publication de mon travail avec Gamaléia, l'objet de controverses assez vives, au sujet desquelles il importe de s'expliquer ici. Que les deux bacilles offrent entre eux des analogies étroites, tant pour la morphologie que pour les effets pathogènes, cela n'est pas douteux; c'est pour ce motif précisément que, pendant quelque temps, on les a entièrement confondus. Les dissemblances une fois entrevues et mises en lumière, nous avons encouru le reproche, formulé par divers expérimentateurs, d'avoir exagéré et en quelque sorte schématisé ces dilTérences. Voyons jusqu'à quel pointées objections sont justifiées.
J'ai exposé avec détails (p. 192) les différences d'aspect macroscopique que présentent les deux cultures et qui permettent déjà de les distinguer, dans l'immense majorité des cas, au simple examen à l'œil nu. On a objecté que, dans quelques cas exceptionnels, l'aspect des cultures des deux bacilles est à peu près identique. Peut-être cette identification a-t-elle été faite d'après quelques caractères seulement et non pas d'après l'ensemble des particularités qui distinguent les deux cultures. Il peut arriver en effet que le bacille aviaire, dans les cultures anciennes, prenne un aspect sec et verruqueux, comparable à celui de la tuberculose des mammifères. Mais il est un caractère distinctif qui, même dans ces cas, d'après mon expérience personnelle, permet facilement et toujours la distinction : c'est la consistance de la culture aviaire qui demeure toujours molle, facile à étaler à l'aide du fil de platine et ne présente pas la cohésion propre aux cultures humaines.
Le bacille aviaire se cultive à 45» et même au delà, tandis que la végétabilité du bacille des mammifères ne comporte pas une température supérieure à 42°. C'est là un caractère distinctif très important et je ne sache pas que, jusqu'ici, on ait réussi
1. Maffucci, Die Hiihnertuberculose (Zeitschi: fûr Hyg. u. Infectionskrank- Iteiten, 1892, Bd 11, p. 443).