‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 335 sur 689 · RÉPONSE AUX OBJECTIONS ÉLEVÉES · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX OBJECTIONS ÉLEVÉES

à modifier le bacille humain de façon à le rendre cultivable à une limite supérieure de température.

Le chien est réfractaire à l'inoculation sous-cutanée, intrapéritonéale et intra-veineuse de quantités même considérables de culture aviaire, tandis que l'inoculation intra-vasculaire de doses modérées de culture du bacille humain lui donne sûrement une tuberculose miliaire généralisée, mortelle. Dans les critiques qui nous ont été adressées, on ne fait aucune allusion à cette ditterence, si saisissante cependant, dans les effets pathogènes des deux microbes. Lorsque l'on inocule des doses énormes du bacille aviaire au chien, on peut voir périr cet animal au bout d'un temps variable, avec de l'amaigrissement et de la cachexie, mais sans tubercules dans les organes; le plus souvent on ne trouve plus trace des bacilles injectés, ou on n'en rencontre plus qu'un très petit nombre.

Le lapin est l'animal chez lequel les effets pathogènes développés par les deux bacilles sont le moins dissemblables. L'injection intra-vasculaire de doses moyennes de culture aviaire détermine, dans la plupart des cas, la mort rapide des animaux, avec la présence de bacilles dans tous les organes, mais sans tubercules apparents. Ce n'est pas là, je m'empresse de le reconnaître, un fait constant et l'on peut provoquer, par l'injection intra-veineuse de doses plus faibles (Grancher et Ledoux- Lebard), ou par l'emploi de cultures atténuées (Courmont et Dor), des lésions tuberculeuses à marche lente, plus ou moins généralisées, chez le lapin. On peut aussi, dans un certain nombre de cas, obtenir par l'injection intra-vasculaire de cultures aviaires, chez le lapin, des tubercules miliaires généralisés dans les poumons, le foie et la rate, absolument comme à la suite de l'inoculation intra-veineuse d'une culture humaine. On en trouvera plusieurs exemples consignés à la page 433. La fig. 62 représente une rate de lapin inoculé dans la veine de l'oreille avec une culture de tuberculose aviaii'e. Cette rate est parsemée d'innombrables granulations tuberculeuses, très fines, comme si l'animal avait été inoculé avec une culture de tuberculose humaine. Le lapin est donc un animal mal choisi pour la différentiation des deux tuberculoses.

En revanche, le cobaye constitue un excellent réactif pour distinguer les deux bacilles; dans la grande majorité des

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