CONTRE LA DISTINCTION DES DEUX BACILLES
cas, l'inoculation sous-cutanée du bacille aviaire, chez le cobaye, tue cet animal en ne provoquant qu'un abcès caséeux au point d'inoculation, avec engorgement des ganglions correspondants, mais sans lésions tuberculeuses macroscopiquement visibles dans les organes internes. L'inoculation sous-cutanée de la tuberculose des mammifères entraîne, au contraire, chez cet animal, les lésions tuberculeuses progressives et généralisées, telles qu'on les connaît depuis Villemin. Les exceptions invoquées par divers expérimentateurs, par Arloing et Courmont notamment, n'enlèvent rien à la généralité de cette constatation.
L'extrême difficulté que l'on éprouve à communiquer la tuberculose de l'homme ou des mammifères aux poules ne saurait,
FiG. fi2.
à l'heure actuelle, être sérieusement mise en doute. Le débat porte seulement sur quelques cas isolés oii cette transmission s'est faite ou a paru s'être faite . Je ne conteste point la possibilité d'une semblable réussite, quoique personnellement j'aie toujours échoué dans mes nombreuses tentatives; mais ici encore, des exceptions très rares et inexpliquées ne sauraient prévaloir contre le fait général : l'immunité des gallinacés à l'égard de la tuberculose de l'homme et des mammifères.
La fréquence relativement considérable de la tuberculose spontanée parmi les poules est un élément dont il faut, quoi qu'on en ait dit, tenir compte pour l'explication de ces réussites exceptionnelles. Je n'en veux pour preuve que le fait suivant, instructif à cet égard. J'inoculai de la culture humaine dans la veine axillaire d'une poule qui venait d'être achetée chez le fruitier et qui paraissait très bien portante; trois jours après, cette poule mourut : elle présentait sur le péritoine, dans le foie et la rate de nombreux tubercules caséeux, dont quelquesuns avaient les dimensions d'une noisette; si l'animal avait