CHAPITRE XIV
CONTAGION DE LA TUBERCULOSE — GÉOGRAPHIE ET STATISTIQUE DE LA TUBERCULOSE
Sommaire. — • Les anciens croyaient à la contagiosité de la tuberculose. — L'écoleanatomiquc fut en général peu favorable à cette croyance. — Réserves de Laënnec, d'Andral. — ■ La découverte de Villemin met la question à l'ordre du jour. — Documents cliniques à l'appui de la contagion. — Opinions des anticontagionnistcs. — ■ Enquêtes statistiques sur la contagiosité de la tuberculose. — Contagion maritale. — Grande mortalité tuberculeuse des infirmiers, des sœurs decharité. — Tuberculose dans les couvents, dans les prisons, dans l'armée. — Quelle part il convient de faire à la contagion pour expliquer la fréquence de la tulierculose dans les prisons et dans l'armée.
Distriijution géograjiliique de la tuberculose. — Sa fréquence est indépendante des climats. — Elle augmente avec l'agglomération de la population. - — Influence de l'altitude. — L'immunité créée par l'altitude est plus que discutable.
Statistiques de la mortalité annuelle par tuberculose dans diflérents pays et dans dilférentes localités. — Influence de l'àgo, du sexe, des i^rofessions.
La croyance à la contagiosité de la phtisie remonte aux origines mêmes de la médecine. Galien signalait parmi les maladies qui peuvent se transmettre d'un sujet à un autre : la peste, la gale, l'ophtalmie et la phtisie. Morton, Valsalva, J. Frank, van Swieten croyaient à la contagion de la phtisie et évitaient les autopsies des phtisiques, comme dangereuses et pouvant transmettre la maladie; tout le monde connaît la terreur qu'inspiraient à Morgagni les corps des phtisiques, dont il s'est toujours refusé à faire l'autopsie. « Valsalva, dit-il, ayant connu dans sa jeunesse le danger de devenir phtisique, comme cela a été décrit dans sa vie, fit peu de recherches, à ce que je crois, sur les cadavres de ceux qui furent enlevés par des maladies de cette espèce. Quant à moi, afin de m'ouvrir à vous, j'ai évité ces sujets à dessein pondant que j'étais jeune, et je les