LA CONTACION DE LA PHTISIE ADMISE PAR LES ANCIENS
évite encore dans ma vieillesse, alors pour veiller sur moi, aujourd'hui pour veiller sur la jeunesse studieuse qui m'entoure; précaution dont la nécessité est peut-être exagérée, mais qui, du moins, est plus sûre. Ainsi lui n'en a pas beaucoup disséqué, et moi j'en ai à peine disséqué un seul. »
Jeannet des Longrois, dans son Traité de la pidmonie [il'èi) , relate que « en 1750, à Nancy, les magistrats firent brûler dans la grande place de cette ville le mobilier d'une femme pulmonique. Quoique bien constituée auparavant, cette femme avait été atteinte de la pulmonie, pour avoir couché souvent dans le même lit avec une femme poitrinaire. » On voit donc que la croyance en la contagion n'était pas uniquement limitée aux contrées méridionales de l'Europe. A Naples, un édit royal du 20 septembre 1782 prescrivait la séquestration des phtisiques, la désinfection des locaux, effets, meubles, livres, etc., avec du vinaigre, de l'eau-de-vie, du jus de citron, de l'eau de mer, des fumigations, etc., le tout sous peine de trois ans de galères pour les vilains, de trois ans de chàteau-fort et de 300 ducats d'amende pour les nobles. Le médecin qui ne faisait pas connaître un malade phtisique s'exposait à une amende de 300 ducats pour la première fois et, pour la deuxième, à un bannissement de dix ans; celui qui facilitait l'évasion d'un phtisique était condamné à six mois de prison. Portai rapporte qu'en Espagne et en Portugal la loi forçait les parents d'un phtisique à en faire la déclaration lorsqu'il était arrivé à la dernière période, afin de procéder à l'enlèvement de ses bardes et les brûler; il en était de même dans le Languedoc.
Baumes (de Montpellier) pousse la conviction jusqu'à désigner la matière contagieuse qu'il pense être élaborée dans la phtisie par le nom de virus tabifique; les phtisies constitutionnelles seraient plus susceptibles de contagion que les phtisies accidentelles. En 1807, Vienholdt fit paraître un traité entier sur la contagion de la phtisie'. Hufeland, qui a rapporté des faits favorables à la contagion, accepte, dans sa Médecine pratique, l'existence d'un principe contagieux de la phtisie. « On ne niera pas, dit-il, que quand la phtisie ulcéreuse est parvenue à un haut degré, il peut s'échapper des poumons un principe
1. Vienholdt, Abhandlung ûber die Ansteckung der Sçhwindsucht, Brème 1807.-