L'ÉCOLE ANATOMIQUE EST PEU FAVORABLE
contagieux susceptible de transmettre la maladie, non pas à tous les individus indistinctement, mais à ceux qui y sont prédisposés. Ce principe est même susceptible d'adhérer aux objets qui ont servi longtemps à coucher ou vêtir les malades et avec lesquels il devient transportable, plus facilement néanmoins dans les pays méridionaux que dans les contrées septentrionales'. »
Cette tradition séculaire fut presque universellement abandonnée, surtout sous l'impulsion du courant anti-contagionniste créé par Broussais qui, à un moment donné, mettait même en doute la transmissibililé de la syphilis. Laënnec, quoique peu favorable à la contagion, se prononce cependant à cet égard avec sa prudence habituelle: « La phtisie tuberculeuse, dit-il, a longtemps passé pour être contagieuse, et elle passe encore pour telle aux yeux du peuple, des magistrats et de quelques médecins dans certains pays, et surtout dans les parties méridionales de l'Europe. En France, du moins, il ne paraît pas qu'elle le soit. On voit souvent, chez les personnes qui ont peu d'aisance, une famille nombreuse coucher dans la même chambre qu'un phtisique, un mari partager jusqu'au dernier moment le lit de sa femme phtisique, sans que la maladie se communique. Les vêtements de laine et les matelas des phtisiques, que l'on brûle dans certains pays, et que le plus souvent on ne lave même pas en France, ne m'ont jamais paru avoir communiqué la maladie à personne. Quoi qu'il en soit, la prudence et la propreté demanderaient à ce qu'on prit habituellement plus de précautions à cet égard. Beaucoup de faits, d'ailleurs, prouvent qu'une maladie qui n'est pas habituellement contagieuse peut le devenir dans certaines circonstances". »
Andral, dans ses annotations au traité de Laënnec, s'exprime ainsi : « On a sans doute singulièrement exagéré la facilité de contagion de la phtisie pulmonaire. Cependant est-il sage de la nier absolument et dans tous les cas ? Qui pourrait affirmer, avec des preuves suffisantes à l'appui de son opinion, qu'une mala-
1. La plupart de ces citations sont empruntées à une bonne revue de E. Boisseau : Historique de la contagion de la phtisie pulmonaire {Recueil de mim. de médecine militaire, 1869, II« série, t. 22, p. 353) ; on y trouvera l'indication d'autres documents anciens relatifs à la contagion de la phtisie.
2. Laennec, Traite de l'auscultation médiate, édit. de la faculté de méd. de Paris, 1879, p. 421.