‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 362 sur 689 · A LA DOCTRINE DE LA CONTAGION · texte numérisé non relu

A LA DOCTRINE DE LA CONTAGION

die, qui ne saurait jamais être considérée comme purement locale, et qui, à mesure qu'elle avance, présente l'image d'une sorte d'infection de toute l'économie, n'est pas susceptible de se transmettre, dans les cas où des contacts très rapprochés et continuels (comme, par exemple, le coucher dans un même lit), exposent un individu sain à absorber les miasmes qui se dégagent de la muqueuse pulmonaire et de la peau des malades? Tout ce que je puis dire, sans prétendre décider en dernier ressort une aussi grave question, c'est que, dans le cours de ma pratique, j'ai été plusieurs fois frappé de voir des femmes commencer à présenter les premiers symptômes d'une phtisie pulmonaire peu de temps après que leur mari, dont elles avaient partagé la couche jusqu'au dernier moment, avait succombé à cette maladie. Une pareille question sera toujours scientifiquement très difficile à résoudre, en raison de la grande fréquence de la phtisie : l'on aura toujours à citer des faits contraires à ceux dont je viens de parler, et, pour ces derniers, on pourra facilement en diminuer la valeur, en disant que les personnes qui deviennent phtisiques avaient à le devenir. Mais, pratiquement, ces faits ont peut-être assez d'importance pour qu'ils engagent à faire prendre quelques précautions aux personnes qui ont des rapports journaliers avec les phtisiques, surtout dans les derniers temps de leur maladie »

En 1835, Chr, Staub, dans une thèse intéressante soutenue à Strasbourg, après avoir rappelé l'opinion d'un certain nombre de médecins sur la contagion de la phtisie, se déclare, pour son propre compte, persuadé de la réalité et de la fréquence assez grande de ce mode de transmission. « Plusieurs praticiens de Strasbourg, ajoute-t-il, n'oublieront jamais d'avoir été récemment témoins d'une double contagion, c'est-à-dire de la transmission de la phtisie de la femme au mari bien constitué, et de celui-ci à sa femme en secondes noces ^ »

Trousseau, en 1845, analysant dans le Journal de médecine un travail de Bernardeau (qui était contagionniste), dit « qu'il faut savoir gré à l'auteur d'avoir rappelé une opinion peut-être lé-

1. Andpw\l, in Traité de l'auscultation de Laënnec, annoté par Andral, 4<= édit., t. 2, p. 169.

i. Staub (Chrétien), Essai sur Fétiologie des tubercules pulmonaires (Thèse de Sti-asbourg, l&3o'j. ■.

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