LA CONTAGION CONSERVE QUELQUES PARTISANS
gèrement proscrite » et exprime le vœu que « la communicabilité de la phtisie pulmonaire puisse redevenir au moins une question ».
Tliolozan, frappé, avant Villemin déjà, de la fréquence de la phtisie dans l'armée, en temps de paix, comparativement aux troupes en marche et en campagne, s'exprimait ainsi en 1859 : « L'augmentation considérable des décès qui pèse sur l'armée en temps de paix est surtout occasionnée par des lésions pulmonaires d'un caractère particulier. Ces lésions sont l'effet d'un vice spécial, d'une diathèse spécifique de l'économie, qui se développe dans des conditions d'encombrement, d'agglomération, de vie en commun particulière aux casernes. Jusqu'ici la science n'est pas arrivée à saisir les différences qui existent entre ces conditions et celles aumilieu desquelles se développent les fièvres éruptives, variole, rougeole, scarlatine, la fièvre typhoïde, le typhus fever. Les moyens qui sont propres à diminuer ou à empêcher le développement de ces dernières maladies sont aussi merveilleusement appropriés à combattre la phtisie endémique de l'armée. Si l'opinion que j'énonce ici se confirme, il faudra à l'avenir considérer la phtisie des premiers plutôt comme une maladie spécifique, infectieuse, que comme une affection organique, diathésique, héréditaire. La pathologie éclairée par l'hygiène aurait ainsi à modifier une de ses croyances les plus absolues, et cette réforme seconderait à son tour et généraliserait un des progrès les plus importants de l'hygiène'. » N. Guéneau de Mussy, Michel Lévy, Gubler croyaient également à la contagion de la tuberculose, mais cette opinion n'était considérée que comme un ressouvenir de la vieille médecine et ne trouvait pas d'écho. La question de la contagiosité de la phtisie ne fut abordée sérieusement qu'à la suite de la découverte expérimentale de Villemin et depuis ce moment elle domine toute l'étude étiologique de la maladie.
Dans la discussion académique provoquée par la communication de Villemin, plusieurs voix s'unirent à la sienne pour admettre la contagiosité delà tuberculose. « Je sais, dit Hardy, que jusqu'à présent les faits confirmatifs de la possibilité de
1. Tholozan, De l'excès de mortalité dû à la profession militaire {Gaz. mcd. de Paris, 1839, p. 411).