ENQUÊTE DÉSORMAIS OUVERTE
dans un bon travail d'ensemble, résume la plupart des faits de contagion signalés jusqu'alors, et y joint des faits nouveaux dont les uns ont été recueillsi dans le service de Lancereaux et dont les autres lui ont été fournis par son père, qui exerçait depuis vingt-huit ans dans une petite localité de Bourgogne, à Charolles, et qui se trouvait ainsi parfaitement placé pour connaître les antécédents de ses malades et ne faire à la contagion que la part légitimement due'.
En 1874, Hermann Weber communiqua à la Société clinique de Londres une étude sur la contagion maritale de la phtisie. Il a observé 68 couples, dans lesquels le mari ou la femme était phtisique (39 fois le mari, 29 fois la femme). Un seul des maris des 29 femmes malades est devenu phtisique, tandis que neuf femmes des 39 maris ont été contaminées. Plusieurs des observations de Weber ont presque la valeur démonstrative de faits expérimentaux ^
On doit à de Musgrave Glay une excellente monographie sur la contagiosité de la phtisie pulmonaire ; outre les documents qui viennent d'être cités, elle en renferme d'autres très nombreux puisés à diverses sources et de nouveaux faits de contagion recueillis par l'auteur ou qui lui ont été communiqués par divers médecins, Henrot (de Reims), Hip. Martin, G. Daremberg, etc. De Musgrave Glay termine son travail par une étude des conditions dans lesquelles la contagion se manifeste et des circonstances qui la favorisent. « Une première donnée, dit-il, qui nous est fournie par cette étude est la suivante : Pour que la contagion se produise, il faut habituellement que les rapports qui existent entre le sujet malade et le sujet sain soient prolongés et prennent un caractère d'intimité. L'état qui réalise le plus complètement les conditions qui viennent d'être énoncées est celui que caractérisent les relations sexuelles. Toutefois cette influence ne doit pas être exagérée, comme le prouve le chiffre relativement important des cas où la contagion s'est effectuée absolument en dehors de cette influence... L'examen des faits en général et en particulier de ceux qui ont été communiqués à la Société clinique de Londres par H. Weber permet de con-
1. CoMPiN, De la contagion delà phtisie pulmonaire {Thèse de Paris, 1870).
2. H. Weber, On the communicability of consumption from husband to wife ifilinical Sociely's Transact., 1874, t. 7, p. 144).