‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 369 sur 689 · DANS LES COUVENTS · texte numérisé non relu

DANS LES COUVENTS

A. Ollivicr a également appelé l'attention sur la contagion de la phtisie dans les hôpitaux d'enfants et relate plusieur faits oii il a vu la tuberculose se développer, dans un milieu nosocomial; il s'agissait d'enfants indemnes de toute tare héréditaire infectés, à la suite d'un long séjour dans les salles, surtout lorsque, pour une cause ou pour une autre, ces enfants étaient obligés de rester au lit\

Les couvents, au même titre que les casernes et que les prisons et souvent à un degré plus considérable, réalisent les conditions propres à favoriser la propagation de la tuberculose : vie en commun, sédentarité, alimentation systématiquement défectueuse, sommeil et exercice insuffisants.

Rammazzini avait déjà appelé l'attention sur la fréquence de la phtisie dans les monastères, et Laennec, qui signale le même fait, y voyait surtout une conséquence des « passions tristes » ; on connaît à ce sujet son récit célèbre : « J'ai en pendant dix ans, dit-il, sous les yeux, un exemple frappant de l'influence qu'ont les aft'ections tristes sur la production de la phtisie pulmonaire. Il a existé pendant cet espace de temps, à Paris, une communauté religieuse de femmes, de fondation nouvelle, et qui n'a jamais pu obtenir de l'autorité ecclésiastique qu'une tolérance provisoire, à cause de l'extrême rigueur de ses règles. Quoique leur régime alimentaire fût fort austère, il n'avait cependant rien qui fût au-dessus des forces de la nature; mais l'esprit dans lequel on dirigeait ces religieuses produisait un effet aussi fâcheux que surprenant. Non seulement on fixait habituellement leur attention sur les vérités les plus terribles de la religion, mais on s'attachait à les éprouver par toutes sortes de contrariétés, afin de les faire parvenir dans le plus court espace de temps à un entier renoncement à leur propre volonté. L'eflet de cette direction était le môme chez toutes : au bout d'un ou deux mois de séjour dans cette maison, les règles se supprimaient, et un mois ou deux après la phtisie était manifeste. Gomme elles ne faisaient point de vœux, je les engageais, dès que les premiers symptômes de la maladie se manifestaient, à quitter la maison, et presque toutes celles qui ont suivi ce conseil ont guéri, quoique plusieurs d'entre elles

1. A. Ollivier, Note sur la contagiosité de la tuberculose pulmonaire chez les enfants (Bull, de l'Acad. de tnéd., 18 avril 1883).

Page 1