LA CONTAGION S'EXERCE MOINS PARMI LA CLASSE AISÉE
des cas de contagion conjugale est notablement plus élevée dans les classes pauvres.
Une particularité de la contagion maritale que presque toutes les statistiques mettent en évidence, est la prédominance considérable de la transmission de la phtisie du mari à la femme sur celle de la femme au mari. Il n'est pas étonnant que la femme, plus sédentaire, plus dévouée, plus délicate, paye un tribut plus grand à la contagion. « Non seulement la femme est souvent épuisée par la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, mais elle travaille à la maison et ne quitte guère, ni jour ni nuit, la chambre que son mari phtisique souille de ses émanations et de ses sécrétions. Quand la femme est phtisique, au contraire, le mari est d'ordinaire obligé de travailler au dehors, et pour lui le confinement dans l'air contaminé ne se produit guère que pendant la nuit. La femme de la campagne, qui a la charge de nourrir les bestiaux et qui, par conséquent, est aux champs une partie de la journée, est moins souvent victime de la contagion maritale que la femme d'ouvrier, laquelle est condamnée à une réclusion dans une chambre unique auprès de son mari malade; en outre, dettes, misère, veilles et chagrins... La suppression de la communauté du lit et même de la chambre pendant la nuit explique dans une certaine mesure la fréquence beaucoup moindre delà contagion dans la classe aisée. » (Vallin.)
Les ravages exercés par la tuberculose dans les armées, en temps de paix, ont fourni un des premiers arguments cliniques que l'on ait pu invoquer en faveur de la contagion de la maladie. Laveran père et Colin, Godelier etVillemin après eux ont insisté sur la mortalité excessive par phtisie des troupes casernées en France (en 1868 cette mortalité annuelle dépassait 5 p. 1000). Villemin appelait en outre l'attention sur ce fait que les troupes en marche et en campagne fournissent moins de tuberculeux que les mômes etfectifs en temps de paix, malgré les fatigues et les privations de toutes sortes. « Pendant la campagne de Crimée, écrivait Tholozan, les armées alliées étaient dans les conditions hygiéniques les plus défavorables : alimentation de qualité inférieure, habitation sous la tente, pluie, neige, froid rigoureux, fatigue excessive des travaux de siège. Dans ces circonstances, le chiffre des phtisiques était presque nul. » Au