‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 376 sur 689 · PHTISIE DANS L'ARMÉE · texte numérisé non relu

PHTISIE DANS L'ARMÉE

lieu d'être entassés dans des casernes et soumis ainsi aux causes d'infection tuberculeuse, les soldats campaient en plein air et échappaient ainsi à la maladie qui les frappait pendant le loisir et le bien-être de la paix. Les médecins de l'armée anglaise ont fourni des constatations analogues. Les statistiques anglaises faisaient, naguère encore, ressortir la grande mortalité par tuberculose dans les troupes vivant dans les casernes sous les diverses latitudes. Celles qui stationnent en Angleterre donnaient le chiffre considérable de 8,1 p. 1000. On a aussi relevé que l'armée anglaise de l'Inde, la seule dont la mortalité n'excède pas celle de la population civile dans laquelle elle se recrute, est aussi la seule qui ne soit pas casernée. (Villemin.)

Dans ces derniers temps , sous la pression des doctrines contagionnistes, l'hygiène des casernes a été notablement améliorée, la ventilation mieux assurée dans les chambrées, la propreté du plancher et des murs mieux surveillée ; d'autre part, au lieu de garder, comme on le faisait autrefois, le soldat atteint de tuberculose commençante ou même confirmée au régiment le plus longtemps possible, on s'empresse maintenant de le renvoyer dans ses foyers au moindre soupçon du mal, pour éviter ainsi qu'il ne contagionne ses voisins. Grâce à ces diverses mesures, le chiffre de la mortalité par phtisie dans l'armée française s'est notablement abaissé; le même résultat a été obtenu dans l'armée allemande. Mais si la mortalité par tuberculose a diminué dans les armées, la morbidité par cette même maladie semble être restée stationnaire ou même avoir augmenté. C'est là une question qui sera discutée plus loin.

L'extrême fréquence de la phtisie dans les prisons et les établissements pénitentiaires est un fait bien connu. Les statistiques déjà anciennes de Villemin, de Quételet, Chassinat, etc., avaient établi que la mortalité générale des prisonniers est excessive, trois ou quatre fois plus considérable que la mortalité de la population libre à âge correspondant, et nous savons que cet excès de mortalité est en grande partie le fait de la tuberculose. Parmi les documents anciens, on cite toujours et avec raison le travail de Baly sur la phtisie des prisonniers dans Millbank-Penitentiary, à Londres, de 1825 à 1842. Pendant ces dix-huit ans, sur 174 décès, 75 eurent lieu par phtisie

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