‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 377 sur 689 · FRÉQUENCE DE LA PHTISIE DANS LES PRISONS · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DE LA PHTISIE DANS LES PRISONS

(43 p. 100), sans compter 90 prisonniers élargis pour cause de la même maladie, dont ils seraient morts sans doute en prison, si on ne leur avait rendu la liberté. La mortalité annuelle par phtisie dans l'établissement était de 13 p. 1000, chiffre trois fois plus grand que celui de la mortalité générale par phtisie de la ville de Londres'. Je ferai remarquer que cette proportion, ainsi indiquée, est bien trop faible, puisque la mortalité générale comprend tous les individus indistinctement, quel que soit leur âge, y compris les jeunes enfants, qui payent un si large tribut à la tuberculose et qui ne sont pas représentés dans la population des prisons.

Baly pense que c'est au pénitencier que se contracte le plus souvent la maladie, car sur 3249 prisonniers incarcérés en 1844 et « soigneusement » examinés, 15 seulement y vinrent déjà malades; en outre, la plupart des individus amenés dans le pénitencier avaient déjà passé, quelques-uns à diverses reprises, un temps plus ou moins long dans d'autres prisons, de sorte qu'une partie de ces prisonniers avaient pu contracter le germe de la maladie dans leurs précédentes incarcérations.

Pietra-Santa a constaté le même fait en Algérie. Selon lui, sur 27 décès d'indigènes dans la prison civile d'Alger, 17 étaient causés par la phtisie; dans la prison centrale de l'Harrach, sur 153 décès, 57 par phtisie. On trouvera dans le traité de Hirsch des chiffres relatifs à la mortalité des prisons dans divers pays, et qui déposent dans le même sens. Dans les prisons des Etats- Unis, la mortalité annuelle par phtisie, de 1829 à 1845, était à Philadelphie, de 12,82 p. 1000, à Auburn de 9,89, à Boston de 10,78 p. 1000; cette mortalité, à Baltimore, entrait pour 61 p. 100 dans la mortalité générale des prisonniers. De 1869 à 1879, la proportion de la mortalité par phtisie était, dans les prisons de la Bussie, par rapport à la mortalité générale de ces établissements, de 42,87 p. 100. Dans un travail intéressant de Baer, ce médecin fait remarquer que, sur 100 décès observés dans ces conditions, 38,38 avaient lieu pendant la première année de l'incarcération, 45,53 pendant la deuxième année, 42,85 pendant la troisième, 36,11 pendant la quatrième année. Baer en conclut que « ce fait que le maximum de la mortalité

1. Baly, cité par Hirscii, llandhuch der hislorisch geographischen Pathologie, 2« édit., i88G, t. 2, p. 153. '

Page 1