‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 378 sur 689 · PHTISIE DANS LES PRISONS CELLULAIRES · texte numérisé non relu

PHTISIE DANS LES PRISONS CELLULAIRES

par phtisie se manifeste dans la deuxième et la troisième année de l'emprisonnement, fait constaté également par beaucoup d'autres médecins de prisons, est à lui seul une preuve que la phtisie a été acquise, la plupart du temps, pendant l'emprisonnement ». Les mauvaises conditions hygiéniques, l'alimentation insuffisante, le séjour dans l'air confiné n'agissent dans ces cas que comme causes prédisposantes et adjuvantes, et l'infection , là oii en réalité elle n'est pas antérieure à l'incarcération, doit s'expliquer par l'encombrement et la promiscuité dans les ateliers et les dortoirs.

Il semble que, si l'infection pendant le séjour à la prison est la cause principale de la maladie parmi les prisonniers, la phtisie devrait s'observer moins fréquemment dans les prisons où règne le régime cellulaire que dans celles oii les détenus travaillent et dorment en commun. Les chiffres rassemblés par Baer donnent, il faut le reconnaître, un démenti à cette présomption. Dans la prison cellulaire de Bruchsal, de 1850 à 1854, 43 prisonniers ont succombé, dont 24 (soit 36 p. 100) à la suite de phtisie; dans la prison de Nuremberg, de 1868 à 1878, la mortalité générale a été de 82, dont 66 à la suite de la phtisie; de 1878 à 1880 dans les prisons cellulaires d'Autriche, la mortalité par phtisie entra pour une proportion de 66 p. 100 dans la mortalité générale. Dans la prison cellullaire de Moabit, à Berlin, cette proportion a été, de 1857 à 1860, de 7i p. 100 et dans les années 1869-1879, de 71 p. 100. « Dans la cellule, fait remarquer Baer, le prisonnier dispose d'un cube d'air supérieur à celui qui lui est assigné dans les salles communes ; les autres dispositions hygiéniques sont également supérieures. Le prisonnier est sûrement à l'abri d'une infection directe venant d'un autre malade, et avec la propreté qui doit, de par le règlement, régner dans chaque cellule, il est bien difficile d'admettre une infection par les crachats desséchés provenant d'un phtisique ayant antérieurement occupé la cellule. Il faudrait alors admettre l'ubiquité du bacille de la tuberculose, ou, ce qui est plus probable, une contamination par les habits imparfaitement désinfectés » 11 est certain qu'il y a là une anomalie manifeste et quelque

1. Baer, Ueber das Vorkommen von Phtisis in den Gefângnissen {Ztilschr. f, klin. Medicin, 1883, Bd G, p. 511).

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