‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 381 sur 689 · DIFFICULTÉS A METTRE EN ÉVIDENCE LA CONTAGION · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS A METTRE EN ÉVIDENCE LA CONTAGION

bacille, il n'est pas douteux que la maladie ne naisse constamment par le fait d'une infection extérieure, d'une contagion, en laissant de côté les tuberculoses congénitales, qui, du reste, appartiennent, elles aussi, à un mode spécial de contagion. Cette proposition est tellement évidente qu'elle ne nécessite pas de plus amples développements. Il s'en faut, cependant, en ce qui concerne la pathologie humaine, que cette contagion puisse être mise en évidence, dans un grand nombre de cas, avec cette netteté schématique que certains pathologistes ont introduite, un peu artificiellement, dans ce problème éminemment complexe. Ces difficultés tiennent à plusieurs raisons.

Elles dérivent d'abord de l'extrême fréquence de la maladie qui frappe environ le quart ou le tiers de l'espèce humaine et en tue le sixième; il en résulte que la filiation d'un cas donné est toujours obscure à établir.

La longue durée de l'incubation de la phtisie pulmonaire est aussi un élément gênant pour la détermination précise de la contagion. Pour les maladies infectieuses aiguës, la fièvre typhoïde, le choléra, la diphtérie, les fièvres éruptives, cette incubation est courte et ne dépasse pas quelques jours; pour la syphilis elle-même, elle n'est en général que de quelques semaines. Il en est autrement pour la tuberculose et le lent développement du bacille dans les cultures explique le fait dans une certaine mesure; tout porte à croire que de longs mois peuvent s'écouler entre le moment ovi le bacille pénètre dans le poumon et celui où les premiers symptômes de la maladie se manifestent. De sorte que, lorsque la phtisie vient à éclater, on se trouve en présence d'une infection se perdant très loin dans le passé et dont les conditions, par cela même, deviennent très difficiles à préciser.

D'autre part, malgré l'énorme fréquence de la tuberculose dans l'espèce humaine, on peut dire que celle-ci n'y est pas absolument prédisposée, puisqu'on somme les deux tiers des humains échappent entièrement à la maladie. Un certain nombre échappent parce qu'ils n'ont pas été soumis à la contagion; mais si l'on réfléchit à la grande diffusion des germes de la tuberculose, il est permis de croire que c'est là la minorité. Dans les grands centres de population notamment, quel est l'individu un peu avancé en âge qui n'ait pas été exposé,

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