RÉVEIL DES TUBERCULOSES LATENTES
deux la fréquence de cette constatation. Nous verrons que Baumgarten considère la plupart de ces foyers latents comme ressortissant à la tuberculose héréditaire et remontant à une infection intra-utérine, et nous exposerons les motifs pour lesquels nous ne croyons pas devoir accepter cette interprétation. Ce qui est certain, c'est que bon nombi'e de ces tuberculoses cachées remontent à la première enfance, oii les causes d'infection sont si multiples et la défense de l'organisme si incomplète. Quelle que soit leur origine, ces foyers latents existent; ils sont ganglionnaires le plus souvent, osseux, périostiques articulaires, génito-urinaires, ou bien encore ils occupent la profondeur du cerveau ou du cervelet. Ils peuvent être réduits au silence et maintenus latents pendant la vie entière, comme aussi on peut les voir se réveiller sous des influences diverses , les fatigues, le surmenage, l'ensemble en un mot des causes adjuvantes mentionnées tout à l'heure. Ces foyers mal éteints peuvent servir de points de départ à la dissémination du bacille, à l'invasion de l'économie ; alors éclate la phtisie pulmonaire ou la tuberculose généralisée. Ainsi s'expliquent tout naturellement les faits révélés par les statistiques de la tuberculose dans les prisons, faits si embarrassants quand on veut les interpréter par l'hypothèse de la contagion : en réalité, beaucoup de prisonniers étaient en puissance de tuberculose en entrant dans la prison et ne l'y ont pas contractée; mais elle a éclaté et s'est développée, avec une rapidité effrayante, sous l'influence des mauvaises conditions dans lesquelles ces individus se sont trouvés placés.
Kelsch , dans une étude remarquable, arrive aux mêmes conclusions en ce qui concerne la tuberculose dans l'armée. Kelsch est vivement frappé de ce fait que, malgré tous les efforts tentés pour diminuer les chances d'infection du soldat dans les casernes, malgré les mesures prophylactiques les mieux entendues, on ne voit pas la fi'équence de la tuberculose diminuer dans les armées européennes; bien au contraire, selon lui. « A aucune époque, dit-il, il n'a été fait autant pour l'hygiène de l'armée que dans ces dei'nières années, aucun groupe de la population n'a peut-être profité autant qu'elle des progrès dont la prophylaxie est si justement fiôrc... Les tuberculeux sont éliminés de l'armée au premier soupçon de leur affection;