L'AUGMENTATION DE CETTE FRÉQUENCE EST-ELLE BIEN RÉELLE
commencement de tuberculose; l'application des mesures prophylactiques a ainsi pour elî'et apparent d'augmenter le chiffre des pertes par tuberculose. Un certain nombre d'hommes réformés au début de la maladie, et surtout pour tuberculoses locales, peuvent évidemment guérir.
« 2° La statistique est mieux faite qu'autrefois, et on rapporte à la tuberculose beaucoup de maladies qui autrefois figuraient sous d'autres rubriques : adénites, arthrites, tuberculoses osseuses, etc. La bronchite chronique, par exemple, comme cause de réforme et de décès, devient de moins en moins fréquente, se trouvant attribuée à la bronchite tuberculeuse, dont elle est la réelle expression dans la grande majorité des cas. En 1888, on comptait encore 365 réformes et décès par bronchite chronique ; on n'en trouve plus que 219 en 1889, et ce chiffre est encore susceptible de réduction. Il en résulte que le chiffre des maladies tuberculeuses paraît augmenter. Si l'on s'en tient au chiffre des décès par tuberculose, on voit que ce chiffre est notablement diminué : de 2,25 pour 1000 hommes d'effectif qu'il était dans la période de 1863 à 1872, il est tombé à 1 pour 1000 dans ces dernières années'. »
La morbidité par tuberculose des soldats ayant moins d'un an de service est supérieure à celle des soldats ayant plus d'un an de service. En 1889, la morbidité par tuberculose des soldats ayant plus d'un an de service était de 4,6o pour 1000 hommes d'effectif; celle des soldats ayant moins d'un an de service, de 6,37 pour 1000; ce qui tend à prouver, comme le pense Kelsch, que beaucoup d'hommes arrivent au régiment avec le germe de la tuberculose, malgré la sélection opérée par les conseils de re vision.
Il résulte de cette étude que la tuberculose est une maladie contagieuse due au bacille de Koch. L'extrême prédominance de la localisation pulmonaire de la maladie permet de supposer que, dans la majorité des cas, l'infection s'est faite par les voies respiratoires et par inhalation du bacille. Mais cette notion elle-même, quelque solides appuis que lui fournissent et l'observation et l'expérimentation, n'éclaire pas, il s'en faut, tous les