DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DE LA TUBERCULOSE
monaire ; la mortalité par phtisie est donc à la mortalité totale dans le rapport de 3 : 22, c'est-à-dire que le septième de l'ensemble des décès est dû à la phtisie. Cette proportion serait notablement plus forte si l'on faisait entrer en ligne de compte, au lieu de la phtisie pulmonaire seule, les autres manifestations de la tuberculose (tuberculose intestinale, génitale, osseuse, méningite, etc.).
La tuberculose règne actuellement dans presque toutes les régions du globe et bien que les documents statistiques laissent encore beaucoup à désirer ou fassent presque entièrement défaut pour beaucoup de pays, l'étude de la répartition topographique de la maladie fournit néanmoins des données instructives et qui constituent, à leur tour, des arguments à l'appui de la nature infectieuse et contagieuse de la maladie.
Si l'on étudie la distribution géographique de la tuberculose à la surface de la terre on trouvera d'abord cette première notion que l'existence et la fréquence de la maladie sont indépendantes des climats. Nous avons déjà mentionné plus haut (p. 102) avec quelle netteté Villemin a mis ce fait en évidence. « La répartition de la phtisie à la surface du globe, dit à son tour Hirsch, n'est en somme influencée que d'une manière tout à fait secondaire pour les conditions climatériques. La maladie, toutes choses égales d'ailleurs, sévit avec la même fréquence sous toutes les latitudes géographiques; les pays équatoriaux et sous-tropicaux ne sont pas moins ravagés par la phtisie que lés climats tempérés ou les climats arctiques... la fréquence variable de la maladie, dans des régions dont le climat est à peu près identique, tient à des conditions particulières qu'il est possible de déterminer. L'opinion, encore assez répandue, de la prédominance de la phtisie dans les latitudes élevées, froides ou tempérées, est tout aussi erronée que l'opinion inverse, émise plus récemment, d'après laquelle la phtisie serait surtout fréquente dans les climats chauds ou torrides. » G. Sée s'exprime tout aussi catégoriquement : « Les climats avec leurs températures variées, dit-il, leurs latitudes et leurs
1. Consulter spécialement à ce sujet le grand ouvrage de Hirsch : Handbuch der historisck-geor/rap/uschen Pathologie, 2' édit. Stuttgart, 1S8C, Bd 2, chap. Lungenschwindsiicht, pp. 115-162. — Tous les documents rassembles par ce laborieux écrivain ne sont pas d'égale valeur, mais l'ensemble constitue néanmoins une source précieuse de renseignements.