‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 388 sur 689 · SA FRÉQUENCE SELON LA DENSITÉ DE LA POPULATION · texte numérisé non relu

SA FRÉQUENCE SELON LA DENSITÉ DE LA POPULATION

altitudes si opposées, sont tous, pour ainsi dire, égaux devant la phtisie; la maladie décime les populations surtout des villes, dans les régions tempérées comme dans les contrées torrides ou glaciales, dans les terres humides ou sèches, dans les vallées les plus élevées comme dans les plaines les plus basses; l'agent destructeur existe partout et agit partout, à une condition, c'est qu'il arrive à se transmettre de l'homme à l'homme. 11 n'y a pas d'autre règle, d'autre coefficient »

En Europe, la phtisie est rare en Islande, dans lesîles Féroé, aux Hébrides, aux îles Shetland, dans les parties septentrionales de la Norvège et de la Suède, où la population est clairsemée, s'occupant surtout d'agriculture ou de pêche, et oii les habitations sont largement espacées ; mais à Christiania, à Stockholm, la maladie est au moins aussi fréquente que dans les grandes villes des régions tempérées. Dans les plaines glacées de la Russie septentrionale et de la Sibérie, la phtisie est rare ; mais la mortalité par phtisie à Saint-Pétersbourg ne le cède pas à celle des autres capitales; il en est de même, à en juger par les statistiques bien imparfaites dont on dispose, des autres grandes villes de la Russie centrale et méridionale : Moscou, Novogorod, Kazan, Odessa, Astrakan; mais la phtisie est inconnue parmi les Kirghis nomades qui parcourent les steppes.

En Prusse, dans les provinces orientales, sur les côtes de la Raltique et sur les bords de l'Oder, de la Warthe et de la Yistule, la mortalité annuelle par phtisie, d'après la statistique des années 1875-1879, est de 1,61 à 3,22 p. 1000 habitants; elle est deux fois plus forte (2,66 à 6,30 p. 1000 habitants) dans les provinces rhénanes et sur les bords de la Weser, où la population est plus serrée et plus industrielle.

En Angleterre, la mortalité la plus forte (2,8 à 3,7 p. 1000 habitants) s'observe à Londres; viennent ensuite les comtés industriels du Nord et du Nord -Est; la mortalité annuelle la plus faible par phtisie (1,8 à 2,2 p. 1000) se voitdans les comtés agricoles du Sud-Ouest, du Sud et du Nord. La Belgique industrielle a une mortalité par phtisie double de celle de la Hollande sa voisine, dont la population est surtout agricole. En Suisse, d'après la statistique de Mûller, la mortalité générale par phtisie

1. G. SÉE, De la phtisie bacillaire des poumons, Paris, 18S4, p. 84.

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