LA TUBERCULOSE EST UNE MALADIE
est remarquablement faible (1,86 p. iOOO); mais elle est de 3,57 p. 1000 à Bàle, de 2,40 p. 1000 à Genève, de 2,40 p. 1000 à Neuchâtel, villes industrielles. La mortalité annuelle par phtisie dans le royaume d'Italie, d'après les statistiques officielles de 1881-1883, est de 2,45 p. 1000. Elle est bien plus prononcée en Lombardie (3,34 p. 1000), en Toscane (3,16), dans le Latium (Rome) (3,18), en Piémont (2,86), que dans les provinces méridionales, où l'industrie est moins développée et où l'on vit plus en plein air (1,48 en Sicile, 1,42 dans les Abruzzes, 1,36 en Calabre, 0,89 dans la Basilicate). On possède peu de renseignements sur la fréquence de la phtisie dans la péninsule ibérique ; elle paraît assez forte sur le grand plateau central, ainsi que dans les villes industrielles et commerçantes du littoral, Barcelone, Valence, Cadix, Lisbonne.
L'Egypte, et en particulier le Caire, passaient autrefois pour jouir d'une certaine immunité à l'égard de la pthisie. Il n'en est rien; pendant mon séjour à Alexandrie et au Caire, j'ai pu constater que les hôpitaux renfermaient beaucoup de pthisiques, tant indigènes qu'européens, et, d'après les appréciations des médecins de ces deux villes, la tuberculose y serait aussi fréquente que dans les cités européennes. Il en est de même des villes du littoral septentrional de l'Afrique : Alger, Tunis, Maroc. La phtisie est également fréquente parmi les populations sédentaires des côtes de Guinée, du Sénégal, du Gap; toutes les classes d'habitants y sont exposées, quoique les noirs paraissent fournir un contingent plus considérable. On dit que la maladie est rare parmi les tribus nomades de l'intérieur du continent africain; elle exerce, en revanche, des ravages considérables à Madagascar, à l'île Maurice et à la Réunion.
La tuberculose était-elle inconnue dans le Nouveau Monde, et y a-t-elle été importée par les Européens? C'est là un problème historique difficile à résoudre. Ce qui est certain, c'est que la maladie décime actuellement les misérables peuplades indiennes qui sont en voie de s'éteindre dans les régions septentrionales de l'Amérique, au Canada, sur les bords de la baie d'IIudson, à Terre-Neuve. Aux Etats-Unis, la tuberculose, tout en présentant une extension moins grande que sur le vieux continent, sévit surtout dans les Etats populeux de l'Est, tandis que dans l'Ouest la mortalité par pbtisie est moitié moins
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forte. Les Antilles, les côtes de la Guyane, les côtes du Mexique sont ravagées par la tuberculose; comme dans la plupart des pays tropicaux, elle y est remarquable par sa marche rapide et sa malignité. Il en est de même des côtes du Brésil; à Rio-Janeiro, la mortalité par phtisie se traduit par le chiffre énorme de un cinquième de la mortalité générale. La maladie exerce également de grands ravages sur les rives de la Plata, dans l'Uruguay, la République argentine et le Paraguay, ainsi que sur les côtes du Chili et du Pérou.
La tuberculose sévit d'une façon désastreuse sur les indigènes des îles de l'Océanic : à Taïti^ aux Marquises, aux îles Sandwich, à la Nouvelle-Calédonie; on estime que la phtisie entre pour deux cinquièmes dans la mortalité générale des Canaques.
Le continent australien passait naguère encore comme privilégié au point de vue de la rareté de la tuberculose ; les statistiques récentes donnent un cruel démenti à cette manière de voir; la phtisie est très répandue dans les villes populeuses de la côte : à Melbourne, à Sydney. Dans la Nouvelle-Zélande, les naturels du pays, les Maoris, sont en voie de disparaître sous les coups de la maladie. De 400000 qu'ils étaient au siècle dernier, et 200000 il y a un demi-siècle à peine, ils sont tombés à 40000. 11 n'est pas douteux que la cause principale de cette dépopulation ne tienne à l'importation, par les Européens, des germes de la tuberculose et de la lièvre typhoïde, affections inconnues dans l'île au commencemennt du siècle. Les habitations des Maoris, ainsi que celles des autres insulaires de la Polynésie, ont toujours été malsaines ; mais les germes morbides étant • absents, la population n'en a pas souffert. Une fois importés, les germes ont trouvé des conditions favorables à leur développement, une population vierge et non préparée; ils ont infecté le pays et décimé les habitants.
L'influence de l'altitude sur le développement de la phtisie mérite un examen spécial, surtout à cause des conséquences pratiques et thérapeutiques qu'on en a fait découler. Lombard a été l'un des premiers à appeler l'attention, d'une façon systématique , sur la marche décroissante de la phtisie avec l'altitude, et aussi sur les avantages du séjour dans les climats de