CLIMATS DE MONTAGNE
cin municipal n'a vu, durant l'année 1883, que 427 malades pauvres ' . »
Si l'altitude ne suffit pas, par le seul fait de la diminution de la pression barométrique, pour donner l'immunité à l'égard de la phtisie, encore moins peut-elle exercer une action curative spécifique contre la phtisie déjà déclarée. Je ne veux pas dire par laque les « cures d'air », telles qu'on les pratique actuellement dans les divers sanatoria, ne constituent pas de précieux moyens de traitement de la tuberculose. L'abaissement de la pression barométrique peut assurément jouer un certain rôle en activant l'ampleur des inspirations et leur fréquence, quoique ces effets soient bien peu marqués et que l'homme ne respire pas plus vite ni plus profondément à des altitudes de plusieurs milliers de mètres qu'au niveau de la mer. Les faits contraires ont été surtout observés sur des personnes qui venaient de faire l'ascension et qui étaient encore imparfaitement reposées. Le système circulatoire ne paraît pas non plus influencé sensiblement et le pouls des habitants de Potosi ou de Quito n'est pas plus fréquent que celui des gens de la plaine. Les climats d'altitude agissent d'une façon favorable sur la phtisie pulmonaire par un ensemble compliqué de conditions : grande pureté de l'air, pauvre en microbes, à cause de l'absence d'agglomérations humaines; sécheresse de l'atmosphère, favorisant l'exhalation pulmonaire et cutanée; ventilation active, action énergique du soleil et de la lumière. Jaccoud, grand partisan du traitement de la phtisie par les altitudes, tout en admettant pour les climats de montagne une action directe sur les fonctions respiratoires, leur refuse néanmoins une influence immunisante ou curative spécifique contre la tuberculose. « Les climats de montagne, dit-il, ont une double action : l'une générale par laquelle ils assurent la restauration constitutionnelle; l'autre locale, par laquelle ils accroissent au maximum l'activité de la fonction respiratoire, tout en maintenant les poumons à l'abri des stases et des fluxions \ » Pour Jaccoud, « la raréfaction de l'air aurait pour effet une augmentation dans le nombre des
1. Jacoby (P.), Phtisie et altitudes (Thèse de Paris, 1888). — Travail critique excellent, où la doctrine de l'immunité des climats d'altitude pour la phtisie est lucidement discutée.
2. Jaccoud, Curalnlité et traitement de la phtisie pulmonaire, Paris, 1881.