‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 4 sur 689 · DESCRIPTION DU TUBERCULE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU TUBERCULE

concrétions calcaires. Enfin la phtisie cancéreuse est une maladie bien spéciale, le cancer du poumon.

Les deux premières espèces de phtisies admises par Bayle doivent donc seules nous arrêter. « La phtisie tuberculeuse, dit-il, est la plus commune de toutes. Le poumon présente alors des tubercules formés par une substance homogène, toujours opaque, de couleur blanche ou d'un blanc sale, tantôt jaunâtre, tantôt grisâtre... Le volume des tubercules varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'une châtaigne... Les tubercules peuvent être dans trois états différents : ils sont d'abord très fermes, puis ils se ramollissent dans leur centre qui se transforme en une matière purulente, granuleuse; à la fin ils sont totalement détruits par la suppuration. »

Bayle constata la présence de ces mêmes tubercules, en particulier de ce qu'il désigna et qu'on désigne toujours depuis sous le nom de tubercules miliaires, dans la plupart des autres organes des phtisiques : le larynx, la trachée (où il fut le premier à les signaler) , sur le péritoine, dans les ulcères del'intestin, dans le foie, la rate, les reins, la prostate, dans les ganglions cervicaux et méseufériques. Il ramena à cette cause unique les lésions variées, ulcéreuses et autres, que l'on observe dans les divers organes chez les phtisiques. Il signala aussi, le premier, la fréquence du foie gras chez les phtisiques. Pour Bayle, la phtisie tuberculeuse n'était pas une maladie locale, circonscrite au poumon, mais une maladie générale. Elle se rattachait à une « diathèse » spéciale, qu'il appelait indifféremment « diathèse tuberculeuse », « dégénérescence tuberculeuse » ou « affection tuberculeuse « et qui correspond à ce que Schœnlein devait plus tard désigner sous le nom de tuberculose... « L'ensemble des observations que nous venons de présenter, dit-il, prouve que l'affection tuberculeuse est une maladie chronique; qu'elle est d'une nature spéciale et qu'on ne doit pas la regarder comme le résultat d'une inflammation quelconque des glandes ou du système lymphatique. » Quant aux rapports de cette matière tuberculeuse avec « la matière scrofuleuse » de Baillie et de ses prédécesseurs, Bayle n'hésite pas à les identifier et, pour lui, « l'affection tuberculeuse est probablement de nature scrofuleuse » et la phtisie pulmonaire « une maladie de nature probablement scrofuleuse

Page 1