‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 40 sur 689 · DU TUBERCULE · texte numérisé non relu

DU TUBERCULE

comme on peut s'en assurei' sur les membranes imprégnées d'argent et colorées par l'hématoxyline, est formé par les divers éléments cellulaires du tissu conjonctif : dans l'épiploon, ce sont à la fois les cellules lymphatiques et les cellules endothéliales de la surface, ainsi que les cellules plates et rameuses de la profondeur; dans les lobules adipeux, ce sont les cellules adipeuses. En même temps, le système vasculaire de la séreuse présente les phénomènes d'accroissement rapide et de néoformation que l'on observe à l'état physiologique chez les animaux nouveau-nés. Les vaisseavix artériels et veineux émettent des branches collatérales qui se dichotomisent et se terminent en un réseau d'angioblastes; c'est dans les points oii le réseau angioblastique est le plus serré que se développent, par prolifération des cellules fixes et migration de leucocytes, les nodules tuberculeux. Le développement du réseau angioblastique accompagne ou précède, ou parfois suit de près celui du tissu embryonnaire. « Dans son premier développement, le tubercule est donc tout à fait comparable à la tache laiteuse de l'épiploon du jeune lapin, dont Ranvier a fait connaître la structure et la signification physiologique. » L'évolution ultérieure du tubercule est caractérisée par une déviation pathologique du réseau angioblastique, consistant en une hypertrophie des éléments angioblastiques, bientôt arrêtée par une dégénérescence vitreuse. (( Le plus ordinairement cette dégénérescence envahit les capillaires à une seule tunique et les transforme en cylindres vitreux, dont la section transversale donne l'image d'une cellule géante à couronne marginale de noyaux. Plus tardive, elle atteint les vaisseaux déjà pourvus de trois tuniques et les transforme en cordons pleins, épais, flexueux, moniliformes, dont la section transversale présente l'image connue sous le nom de follicule. Dans tous les cas, l'imperméabilité définitive du réseau vasculaire entraine la dégénérescence caséeuse du nodule. Le processus tuberculeux se résume donc en un processus vasoformatif, qui emprunte à son origine les procédés de l'histogenèse normale et dévie peu à peu, dans le cours de son évolution, du plan d'organisation physiologique'. »

1. KiENER, La tuberculose dans les séreuses chez l'homme et chez les animaux inoculés [Arch. de Physiol. norm. et pathoL, 1880, t. 7, p. 790 et 894 et C. R. de la Soc. de Biol., 1880, p. 93).

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