‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 416 sur 689 · HÉRÉDITÉ DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ DE LA TUBERCULOSE

expérience trop habituelle prouve à tous les praticiens que les enfants des phtisiques sont plus fréquemment attaqués de cette maladie que les autres sujets. Cependant il est heureusement à cet égard de nombreuses exceptions ; on voit assez souvent des familles dans lesquelles un ou deux enfants seulement deviennent phtisiques à chaque génération. D'un autre côté, on voit quelquefois détruites par la phtisie pulmonaire des familles nombreuses dont les parents n'ont jamais été atteints de cette maladie. J'en ai connu une dont le père et la mère sont morts plus qu'octogénaires et de maladies aiguës, après avoir vu suc- ^ cessivement enlever par la phtisie pulmonaire, entre l'âge de 15 et de 35 ans, quatorze enfants très forts et dont la constitution n'annonçait aucune disposition à la phtisie. Un quinzième, né grêle et délicat, présentant tous les traits de la constitution à laquelle on reconnaît habituellement la prédisposition à la phtisie pulmonaire, a éprouvé plusieurs attaques d'hémoptysie grave, et a paru plusieurs fois atteint de la phtisie : cependant il est le seul qui ait survécu, et il a aujourd'hui 48 ans.

« Les anciens, et Arétée en particulier, ont déciit avec soin cette constitution, qui se reconnaît à la blancheur éclatante de la peau, à la rougeur vive des pommettes, à l'étroitesse de la poitrine, d'oii la saillie des omoplates en forme d'ailes, et à la gracilité des membres et du tronc, quoique ces sujets aient un certain degré d'embonpoint graisseux et lymphatique... Mais il est certain que les sujets ainsi constitués ne forment ({ue le plus petit nombre des pthisiques, et que cette terrible maladie emporte fréquemment les hommes les plus robustes et les mieux constitués »

L'étude de l'hérédité de la tuberculose, en laissant de côté l'interprétation du phénomène et en se bornant aux seules données statistiques, est complexe et se heurte à de nombreuses difficultés. Les documents rassemblés à ce sujet par les divers auteurs sont presque tous disparates. La façon même de poser les ternies du problème varie selon les observateurs. Un certain nombre de médecins ne comprennent, dans leur statistique, que l'hérédité directe, s'appliquant au père et à la mère; d'autres font intervenir les grands parents et admettent que

i. Laennec, Traité de l'auscultation médiate, édit. de la Faculté, Paris, 1879, p. 425).

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