‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 425 sur 689 · COHNHEIM, PEU FAVORABLE AUSSI A L'HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

COHNHEIM, PEU FAVORABLE AUSSI A L'HÉRÉDITÉ

sation vivante. » Toutefois, il se demande si bon nombre de faits mis à l'actif de l'hérédité ne trouvent pas leur explication plus naturelle par la contagion : « Ces cas de tuberculose, ditil, observés sur plusieurs membres d'une même famille, semblent établir l'existence d'une aptitude morbide commune à ces membres, mais ils sont loin d'en fournir la preuve irrécusable. Faut-il compter pour rien la cohabitation, l'identité des circonstances de toutes sortes et, si l'idée de contagion a quelque fondement, la transmission plus ou moins directe du germe morbide d'un membre à un autre?.. En résumé, conclut-il, on ne peut faire jouer à l'hérédité dans la phtisie le même rôle que dans la syphilis. La seule influence qu'on soit en droit de lui reconnaître, c'est celle de la transmission d'une aptitude plus ou moins marquée à contracter la maladie. Et encore la répétition d'un certain nombre de cas de phtisie sur plusieurs membres d'une même famille, tout en autorisant cette interprétation, mérite quelques réserves en faveur de la cohabitation ou de toute autre circonstance analogue, se rapportant aux questions de la transmissiblité par infection ou par contact *. »

Telle est la manière de voir de Villemin. Ecoutons maintenant Gohnheim. « Une expérience douloureuse et séculaire, dit-il, a appris aux hommes que les enfants issus de tuberculeux courent de grands risques d'être eux-mêmes atteints de la cruelle maladie ; souvent chez ces individus la tuberculose n'éclate qu'après des années d'une santé en apparence parfaite, fréquemment après la puberté ; on a conclu que ce qui est transmis par hérédité, ce n'est pas la tuberculose elle-même, mais la disposition à la contracter. Si cette manière de voir est exacte, il n'y faut pas voir un argument allant à l'encontre de l'infectiosité de la maladie. On ne sait que trop bien que la syphilis peut être transmise par l'un ou l'autre des parents à l'enfant; chez celui-ci la maladie se manifeste déjà, dans la grande majorité des cas, dès la vie intra-utérine, ou peu après la naissance; parfois cependant la maladie ne se révèle qu'après une période latente de plusieurs années. En présence de ces cas de syphilis tardive, personne ne songe à prétendre que ce n'est pas la syphilis, mais seulement une aptitude spéciale à devenir syphi-

1. Villemin, Éh/cfe5 sur la lulterculose,!'^ étude : De l'hérédité, p. 27i-290, passim.

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