LA CONTAGION FAMILIALE PLUS FRÉQUENTE PEUT-ÊTRE
litique que les parents ont transmise à l'enfant par voie héréditaire. Mais ce qui est tout à fait exceptionnel pour la syphilis est tellement la règle dans la tuberculose que l'on se refuse instinctivement à assimiler les deux processus. Il faut se demander si réellement l'hérédité de la tuberculose est aussi solidement établie et aussi fréquente qu'on est enclin à le penser communément. Une maladie telle que la tuberculose ne saurait être assimilée à une propriété de l'esprit ou du corps, dont l'aptitude à se transmettre par hérédité peut être admise a jjriori; la transmission héréditaire d'une pareille maladie ne saurait être établie d'une façon incontestable que si l'intervention de tout autre mode d'acquisition était rigoureusement exclu, c'est-à-dire si l'enfant apportait la maladie en venant au monde. C'est précisément parce que la syphilis, dans des cas sans nombre, infecte le produit de la conception, c'est parce que la syphilis congénitale est extrêmement fréquente que personne ne songe à mettre en doute l'hérédité de la maladie. On aurait ^ns doute bien hésité à tirer cette notion des faits de syphilis héréditaire tardive.
« Comment les choses se comportent-elles à cet égard pour la tuberculose? Il existe sans doute, dans la littérature, quelques faits de tuberculose du fœtus, mais ils sont tellement rares qu'on pourrait les compter sur les doigts d'une seule main ; encore fautil se demander s'ils sont bien observés et dignes de créance. Dans les premières semaines qui suivent la naissance, les cas de tuberculose sont encore extrêmement rares et la maladie ne commence à être fréquente que vers la fin ou plutôt encore après la fm des trois premiers mois. Quand un enfant a déjà derrière lui plusieurs semaines ou plusieurs mois de vie extra-utérine, qui oserait alors affirmer qu'il n'ait pas été exposé, après la naissance, à des influences capables de provoquer la tuberculose? En réalité, le fait que plusieurs membres d'une même famille deviennent tuberculeux prouve uniquement qu'il règne dans cette famille des conditions aptes à provoquer la tuberculose; et quelle condition plus favorable peut-on rencontrer que la présence d'vm phtisique dans la famille? On a déjà émis l'hypothèse que probablement un grand nombre d'enfants mis au monde par des mères tuberculeuses contractaient la maladie non par hérédité, mais par l'usage du lait maternel; ce n'est là