KOCH. PARTISAN DE L'HÉRÉDITÉ DE LA PRÉDISPOSITION
observée que très exceptionnellement chez le fœtus et le nouveau-né; il en faut donc conclure que le virus n'intervient que d'une façon exceptionnelle pendant la vie intra-utérine. Cette hypothèse est confirmée par le fait que, dans mes expériences, notamment sur le cobaye, il est arrivé assez souvent que des femelles sont devenues pleines avant ou après l'infection tuberculeuse; jamais elles n'ont mis bas des petits atteints de tuberculose au moment de la naissance. Les petits provenant de mères profondément tuberculeuses étaient indemnes de tuberculose et demeurèrent sains pendant de longs mois. Dans ma pensée, l'hérédité de la tuberculose s'explique de la façon la plus simple si l'on admet que ce n'est pas le germe infectieux luimême qui est transmis héréditairement, mais certaines particularités qui favorisent le développement du germe mis ultérieurement en contact avec le corps du nouveau-né. »
On voit donc que les trois principaux fondateurs de la doctrine parasitaire de la tuberculose, Villemin, Cohnheim et Koch n'expliquent pas l'hérédité tuberculeuse par la transmission au fœtus du germe tuberculeux émanant du père ou de la mère, comme cela s'observe pour le virus syphilitique, par exemple, dans la syphilis héréditaire. Les uns (Villemin, Cohnheim) sont enclins à penser que la plupart des cas de tuberculose dits héréditaires ne sont en réalité que la conséquence de la contagion, qui trouve beaucoup plus d'occasions de s'exercer dans les familles de tuberculeux que dans les familles indemnes. Quant à Koch, il se déclare partisan de la transmission héréditaire d'une prédisposition. C'était aussi l'interprétation à laquelle arrivaient la plupart des cliniciens et que Peter formulait dans les termes suivants : <( On ne naît pas tuberculeux, mais tuberculisable. C'est à peine si l'on peut citer quelques cas de fœtus ayant des tubercules, et l'enfant qui vient au monde n'en a ordinairement pas. Celui qui sera tuberculeux naît avec une faiblesse de constitution qui le prédispose au développement des tubercules'. »
Arloing, dans la discussion à laquelle il soumet cette grave question de l'hérédité de la tuberculose, incline aussi vers l'hypothèse delà transmission de la prédisposition, l'hérédo-prédispo-
1. Peter, Leçons de clinique médicale : Hérédité tuberculeuse, t. 2, p. 137.