ARLOING : EXPLICATION DE L'HÉRÉDO-DISPOSITION
sition, comme il l'appelle et dont il essaie môme d'interpréter le mécanisme. « L'infection tuberculeuse, dit-il, prédispose généralement à une seconde atteinte ou à la généralisation d'un foyer circonscrit. La prédisposition finit par exister dans toutes les cellules de l'animal tuberculeux ainsi préparé, aussi bien dans l'ovule femelle que dans l'ovule màle. L'ovule d'une femme tuberculeuse sera donc plus apte à contracter la tuberculose que celui d'une femme saine. Toutes les cellules de l'embryon et du fœtus, provenant d'un ovule prédisposé, posséderont les mêmes propriétés que leur cellule génératrice; de sorte que l'enfant en venant au monde sera entièrement composé de cellules aptes à contracter facilement l'infection tuberculeuse. Ce simple raisonnement suffit à expliquer l'iiérédo-prédisposition d'origine maternelle. La communication de l'hérédo-prédisposition par le père tuberculeux s'interprète aussi aisément si on veut bien se rappeler les phénomènes de la fécondation de l'ovule et les phénomènes consécutifs de la prolifération... Par suite, si le sujet qui a fourni les spermatozoïdes présentait au moment de la fécondation une aptitude spéciale à contracter la tuberculose, chaque cellule de l'embryon héritera de cette prédisposition. » Arloing admet en outre, en invoquant des expériences de Courmont, que le bacille de la tuberculose fabrique des produits solubles, favorisant le développement du bacille. « Dès lors, conclut Arloing, rien de plus rationnel que d'expliquer la prédisposition des enfants issus d'une mère tuberculeuse, à contracter la tuberculose. Les bacilles contenus dans la lésion maternelle sécrètent continuellement des produits solubles prédisposants qui, déversés dans le torrent circulatoire, imprègnent le fœtus pendant toute la durée de la gestation. L'enfant vient alors au monde sans lésion, sans tare apparente, avec un bon état général, et cependant si bien imprégné de produits solubles prédisposants, que son organisme offrira un terrain spécialement apte à se laisser infecter à la première occasion'. »
Si Ton considère ce fait incontestable qu'un grand nombre d'individus sont sûrement soumis à des causes répétées d'infection tuberculeuse, sans être jamais atteints de la maladie; si l'on
1. Arloing, Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies. Paris, 1892, p. 139.