IL EXISTE DES CONDITIONS PRÉDISPOSANTES
envisage cet autre fait, tout aussi commun, que la tuberculose évolue d'une façon toute ditrérente selon les sujets, affectant chez les uns une marche rapidement envahissante et mortelle, se localisant pour ainsi dire indéfiniment chez les autres, pour aboutir souvent à la guérison; si l'on tient compte de ces données d'observation quotidienne, il est impossible de ne pas admettre qu'il existe, selon les individus, des prédispositions variables, pour la tuberculose comme pour la plupart des autres maladies infectieuses. « En présence de ces particularités, dit fort justement Koch, on invoque une disposition différente pour la maladie, tant au point de vue de la réceptivité en général qu'au point de vue de l'évolution variable du mal, sans que par cette qualification on fournisse une explication du phénomène. Une partie de ces différences dans le tableau morbide delà tuberculose peut simplement tenir à la différence de la porte d'entrée du virus. La quantité de virus introduite peut aussi jouer un rôle important. Des germes infectieux isolés peuvent être supportés plus longtemps par l'organisme et réduits au silence, alors qu'il en est tout autrement si un grand nombre d'agents virulents sont introduits d'un coup, de façon à se prêter un appui mutuel dans leur omvre de destruction. Une partie de ce que I on désigne sous le nom de prédisposition individuelle peut aussi tenir à des circonstances adjuvantes, telles que des défectuosités dans le revêtement épithélial des organes respiratoires, la stagnation des sécrétions, des troubles respiratoires favorisant la colonisation des bacilles. Si de cette façon un grand nombre des conditions désignées sous le nom de « prédisposition » trouvent leur explication toute naturelle, il n'en subsiste .pas moins certaines données difficiles ou impossibles à interpréter et qui nous forcent, actuellement, à maintenir cette hypothèse de la prédisposition ; c'est, en première ligne, la prédisposition incontestable de certaines familles à contracter la tuberculose. Sans doute, dans ce dernier cas, on met souvent sur le compte de la prédisposition ce qui n'est autre chose que le résultat de chances plus nombreuses d'infection ; on peut aussi faire intervenir des causes prédisposantes spéciales, propres aux membres de la même famille, comme la fréquence des inflammations catarrhales des voies respiratoires, une structure défectueuse de la cage thoracique; mais, malgré tout, il est un grand nombre de cas qui se dérobent