‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 435 sur 689 · LONG SOMMEIL DES GERMES TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

LONG SOMMEIL DES GERMES TUBERCULEUX

des articulations, des ganglions, ne peuvent que difficilement être ramenées à une infection extérieure, pendant la vie extrautérine ; elles trouveraient leur explication toute naturelle dans l'hypothèse d'une infection fœtale. Ce ne sont là encore que des tuberculoses localisées ; plus tard, après la puberté, quand l'accroissement du corps est achevé et que la résistance juvénile des éléments histologiques s'amoindrit, alors on voit apparaître « les formes graves, malignes de la tuberculose héréditaire, la phtisie proprement dite, dont le point de départ est le plus souvent quelque foyer caché ganglionnaire ou osseux ».

La possibilité du long sommeil des germes tuberculeux dans un organisme infecté avant la naissance, le microbisme latent, comme l'appelle Verneuil, est un postulatum qui sert de base à la théorie de Baumgarten. Cette théorie, il la pousse jusqu'à ses extrêmes limites. Nous avons vu que pour lui la plupart des cas de tuberculose, quels que soient leur localisation anatomique et le moment de la vie oii ils se produisent, ne seraient que des tuberculoses héréditaires, demeurées latentes jusque-là. Cette notion de la tuberculose « latente » suffit à tout. L'hérédité à tous les degrés s'expliquerait ainsi tout naturellement, de même que les faits d'hérédité indirecte, si gênants pour la théorie de la transmission du germe. Tels sont les cas 011 les ascendants immédiats (père et mère) d'enfants tuberculeux étant sains, les ascendants médiats (grand-père, grand'mère) ou collatéraux (oncle, tante) seuls étaient atteints de tuberculose. On dit dans ces cas que l'hérédité franchit une génération. Ce ne serait qu'une apparence : le père et la mère paraissent indemnes, parce que chez eux le germe tuberculeux héréditaire est demeuré latent; mais, bien que jouissant d'une bonne santé réelle ou apparente, ils sont cependant susceptibles de transmettre ce germe à leurs enfants. Baumgarten n'hésite même pas à admettre la possibilité de cette latence de la tuberculose pendant plusieurs générations successives. On sait que des opinions analogues sont professées par Verneuil qui admet, lui aussi, pour la tuberculose un parasitisme latent pouvant sommeiller toute la vie, et se transmettre héréditairement en franchissant une génération

1. Verneuil, Du parasitisme microbique latent (Bulletin de l'Acad. de méd., 3 août 1886, p. 105).

Page 1