PRÉTENDUE RÉSISTANCE DU FŒTUS ET DU NOUVEAU-NÉ
Je ferai remarquer dès maintenant que l'hypothèse de Baumgarten, d'après laquelle les tissus du fœtus et du nouveauné seraient doués d'une résistance spéciale à l'action du bacille de la tuberculose, ne repose pas sur des bases bien solides. Le fait même que la tuberculose congénitale, quoique infiniment rare, existe, prouve bien que la maladie peut, le cas échéant, évoluer sur le terrain fœtal comme pendant la vie extra-utérine. « La résistance particulière des éléments embryonnaii^es à l'action du bacille tuberculeux, dit Firket, n'est nullement démontrée; elle semble même en contradiction avec les résultats obtenus par Pasteur dans l'inoculation des virus très atténués aux animaux jeunes. » La fréquence de la tuberculose du premier âge, que la statistique tend de plus en plus à mettre en lumière, n'est pas non plus favorable à la prétendue immunité des tissus des jeunes sujets. Du reste, l'expérimentation directe dépose dans le même sens. Sanchez-Toledo a maintes fois inoculé le bacille de Koch à de très jeunes cobayes; il n'a jamais observé qu'ils montrassent une plus grande résistance à l'infection que les cobayes adultes ; pour ma part, j'ai, à diverses reprises, inoculé la tuberculose à des cobayes âgés d'un jour ou de quelques jours seulement, et j'ai été frappé au contraire delà rapidité avec laquelle les lésions tuberculeuses évoluaient et se généralisaient dans ces cas. Ces faits expérimentaux concordent avec l'observation de la plupart des médecins d'enfants qui constatent que la tuberculose affecte une marche très rapide chez les tout jeunes enfants. Il n'y a donc pas de motifs plausibles pour admettre une résistance spéciale des tissus du fœtus et des très jeunes sujets à l'égard du bacille de la tuberculose.
Grâce aux progrès réalisés en bactériologie, l'étude de l'hérédité des maladies infectieuses (et celle de certaines transmissions héréditaires d'immunité qui en est un des corollaires) est entrée dans une phase nouvelle. Les recherches récentes tendent de plus en plus à mettre en évidence, d'une façon rigoureuse, l'intervention des microbes pathogènes dans les faits d'hérédité infectieuse.
En clinique humaine, la transmission de certaines maladies virulentes aiguës de la mère au fœtus est connue depuis fort longtemps; sont surtout instructifs à cet égard les cas de