‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 45 sur 689 · EXPÉRIENCES DE CRUVEILHIER, DE PANUM · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE CRUVEILHIER, DE PANUM

apparence avec succès, pour établir au contraire que des agents d'irritation communs sont susceptibles de provoquer des lésions tuberculeuses. Nous avons déjà fait allusion aux recherches de Gruveilhier qui injecta à des chiens, par une ouverture pratiquée à la trachée, du mercure dans les voies aériennes; à l'autopsie, il trouva dans les poumons des foyers miliaires contenant chacun un petit globule de mercure; ces foyers, dit-il, avaient tous les caractères du tubercule miliaire, la même forme, la même consistance, le môme aspect grisâtre et demi-transparent; il en concluait que le tubercule peut se créer à volonté et par des causes qui agissent mécaniquement.

Gruveilhier varia ses expériences. « Dans une série d'expériences sur la phlébite et l'artérite, dit-il, j'imaginai de pousser du mercure dans l'artère fémorale; la gangrène immédiate du membre fut la suite constante de cette injection. Mais une fois, n'ayant injecté qu'une petite quantité de mercui^e dans l'artère, la gangrène s'est bornée au genou et le chien a survécu quinze jours. Quel n'a pas été mon étonnement en incisant les parties molles de la cuisse, de rencontrer des milliers de tubercules dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans l'épaisseur des muscles. Ges tubercules étaient miliaires, parfaitement réguliers, formés par une matière caséiforme au centre de laquelle était un globule infiniment petit de mercure. »

Ayant injecté du mercure dans la veine jugulaire d'un chien, il trouva « les deux poumons affectés de pneumonie lobulaire et de tubercules. Le cœur m'ayant présenté une douzaine de tubercules à la surface du ventricule et de l'oreillette droite, je vis que chaque tubercule était formé de pus concret, au milieu duquel était un globule de mercure ».

« Un chien avait une hernie ombilicale épiploïque. J'en profitai pour injecter dans plusieurs veines épiploïques une certaine quantité de mercure. Je le sacrifiai au milieu du troisième mois. Je trouvai l'épiploon adhérent à la cicatrice de l'abdomen et tout le long de ce repli membraneux un grand nombre de granulations tuberculevises, très dures, demi-transparentes, les unes isolées, les autres groupées en certain nombre. Le foie était farci d'une multitude innombrable de tubercules jaunâtres, dont les uns occupaient la couche superficielle, et les autres son épaisseur. Ges tubercules contenaient, comme ceux de l'épiploon.

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