VILLEMIN : ROLE DES CRACHATS DESSÉCHÉS
par cette voie est aisément réalisable et qu'elle constitue un des moyens les plus sûrs et les plus efficaces d'infection tuberculeuse.
Villemin, qu'il faut toujours citer en pi'emière ligne, avait déjà réussi à infecter des lapins en leur introduisant des produits tuberculeux dans la trachée par une petite plaie pratiquée à cet organe. Il ne fit pas d'expériences d'inbalation proprement dite, mais le premier il mit en évidence le rôle prépondérant que les cracbats desséchés jouent probablement dans la dissémination de la tuberculose. La part que Villemin a prise, dès le début, pour établir ce fait si important pour l'étiologie de la phtisie a été trop souvent passée sous silence dans ces derniers temps; je crois utile de la rappeler ici.
Villemin s'assura que des crachats de phtisiques, rapidement desséchés, comme cela se passe quand ils sont projetés sur le sol, ne subissent pas la putréfaction et conservent assez longtemps leur virulence. Des crachats ainsi desséchés et pulvérisés dans un mortier furent insufflés dans la trachée de lapins, par une petite ouverture faite à ce canaj ; les lapins devinrent tuberculeux. Ces crachats desséchés conservaient leur virulence pendant plusieurs jours. Villemin rappelle à ce propos le fait, bien connu des vétérinaires, de transmission de la morve par le jetage des animaux malades, frais ou desséché. « Du moment, dit-il, que les matières de l'expectoration des phtisiques sont inoculables, même après une dessiccation de plusieurs jours, et qu'elles se comportent, sous ce rapport, absolument comme le jetage morveux, il est infiniment probable que la propagation de la tuberculose se fait comme celle de la morve-farcin. Cette hypothèse mérite d'attirer l'attention de tous. Que deviennent les matières journellement expectorées par les tuberculeux? Souvent, comme cela se pratique surtout dans les hôpitaux , elles sont recueillies dans des récipients qui sont vidés tous les jours. En cet état, elles sont inoff"ensives ; jetées aux immondices, elles perdent, en se putréfiant, leurs propriétés virulentes. Mais trop fréquemment les phtisiques projettent sous les pieds le produit de leur expectoration. Si les crachats tombent sur la terre, ils pénètrent dans le sol oii l'humidité favorise leur décomposition; s'ils sont reçus sur un parquet, sur une surface imperméable et abritée, comme dans nos demeures, ils