DANS LA DISSÉMINATION DE LA TUBERCULOSE
sont étalés par les pieds, se dessèchent et se résolvent alors on une poussière capable d'infecter l'atmosphère des lieux confinés. Bien souvent les produits de l'expectoration sont reçus dans des mouchoirs, des serviettes, des linges; ils s'y concrètent en une sorte de vernis qui se colle et tombe. Beaucoup de phtisiques, peu enclins à la propreté, naturellement ou par suite de la faiblesse des derniers jours, souillent de leur expectoration leurs couvertures, leurs matelas, leurs habits, etc., et la dessiccation donne ensuite aux matières virulentes les conditions physiques les plus favorables à l'infection... Tant que les crachats restent liquides, ils restent ordinairement inoffensifs, les soins de la plus vulgaire propreté les éloignant de toute voie d'absorption. Tout porte à croire que la transmission habituelle ne s'opère pas par des produits liquides. Elle se fait sans doute beaucoup plus fréquemment par l'intermédiaire des particules desséchées et réduites en poudre ou en fragments assez petits pour être soulevés par les mouvements de l'atmosphère.
« Il y a, poursuit Villemin, dans les hôpitaux des lieux hantés par tous les malades, dont le sol est fréquemment et abondamment souillé par les crachats de tuberculeux que le piétinement pourrait bien transformer en poussière dangereuse. Tels sont les cloîtres, les promenoirs couverts, etc. La séparation des phtisiques me semble donc une mesure hygiénique prudente. Mais où les conditions favorables à la transmission se trouvent réunies, c'est dans les habitations communes, comme les casernes, les couvents, les prisons, les ateliers. Qu'on songe, par exemple, au mode d'existence du soldat, et l'on ne s'étonnera plus des ravages de la tuberculose dans l'armée. En général, avant de succomber ou de rentrer dans ses foyers, le soldat phtisique séjourne plus ou moins longtemps au milieu de ses compagnons. L'ennui le fait retourner de l'hôpital à la caserne lorsqu'il sent un peu d'amélioration. Qu'on se représente les demeures du soldat dont le noir et crasseux plancher est inondé de toutes les expectorations. Une ou deux fois le jour, un grossier balai met en mouvement la poussière qui résulte de la dessiccation des substances incrustées dans le sol. Le nuage poudreux qui s'élève des environs du lit d'un tuberculeux est-il toujours innocent pour ceux qui le respirent, pour ceux qui en avalent des particules tombées sur leur pain, déposé sans