‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 478 sur 689 · ROLE, D'APRÈS KOCH, DES CRACHATS DESSÉCHÉS · texte numérisé non relu

ROLE, D'APRÈS KOCH, DES CRACHATS DESSÉCHÉS

s'infecter de cette façon. Toutefois, ce mode d'infection est probablement exceptionnel, car il n'est pas commun que les particules de crachats soient assez ténues pour demeurer longtemps en suspension dans l'air. Bien plus propres à l'infection sont les crachats desséchés qui, étant donnée la négligence avec laquelle on les traite, ont mainte occasion "de se répandre dans l'air. Les crachats sont projetés directement sur le sol, où ils sont desséchés, piétinés et soulevés sous forme de poussière; ou bien ils sont déposés sur le linge de literie, sur les habits et surtout dans les mouchoirs, où ils subissent la dessiccation et se répandent ensuite dans l'air sous forme pulvérulente. Les recherches faites sur les bactéries existant dans l'air ont montré que ces bactéries ne sont pas en suspension, à l'état isolé, dans l'air; les liquides dans lesquels elles ont poussé se dessèchent à la surface des objets et les bactéries ainsi desséchées ne s'élèvent dans l'air que sous forme de petites squames microscopiques, ou alors que le support solide sur lequel elles se sont déposées est lui-même tellement léger, que le moindre souffle peut le soulever. Les particules pulvérulentes formées de débris de fibres textiles, de poils d'animaux, de squames épidermiques, servent ainsi de véhicule aux germes desséchés. Voilà pourquoi il faut particulièrement redouter la souillure, par l'expectoration des phtisiques, des étoffes confectionnées avec des fibres végétales ou des poils d'animaux, tels qu'objets de literie, couvertures, habits, mouchoirs, etc. On ne saurait imaginer de conditions plus favorables pour la dissémination aérienne de particules de crachats, que celles qui résultent de la dessiccation rapide de ces crachats à la surface des étoffes dont se détachent, au moindre mouvement, des fibrilles très ténues, chargées de la matière infectieuse, qui flottent longtemps dans l'air et qui, si elles viennent enfin à se déposer sur le sol, sont à nouveau soulevées par le plus faible courant d'air. Comme les crachats desséchés peuvent conserver leur virulence pendant plusieurs mois, il en résulte que les phtisiques, avec la façon de se comporter qui leur est habituelle, font tout ce qui est nécessaire pour répandre autour d'eux, en grande abondance, des produits infectieux, et dans les conditions les plus favorables à l'infection.

« Quand les bacilles de la tuberculose sont inhalés sous la

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