DANS LA CONTAGION DE LA PHTISIE
forme pulvérulente, ils peuvent, comme cela s'observe pour d'autres poussières inhalées, s'arrêter dans les parties supérieures des voies respiratoires ou pénétrer dans les alvéoles pulmonaires. La profondeur à laquelle ils s'engagent dans les voies respiratoires dépend du mode de respiration. Quand on respire pi'ofondément et la bouche ouverte, ils pénètrent plus loin. Quand la respiration s'effectue par le nez, il existe déjà une certaine garantie contre la pénétration des poussières infectieuses, la muqueuse nasale retenant une notable partie de ces poussières. Quand les bacilles de la tuberculose ont réussi à gagner les bronches et les alvéoles , il faut encore un certain nombre de conditions pour qu'ils arrivent à y prendre pied et à s'y fixer. La croissance si lente de ces bacilles est un élément important dans la question. Certaines bactéries pathogènes, les bactéridies charbonneuses par exemple, comme nous l'apprennent la maladie des trieurs de laine ( VVoolsorters disease) et le charbon laryngé, peuvent se développer avec une telle rapidité au point où elles sont déposées et y déterminer aussitôt de telles lésions cellulaires, que l'épithélium cilié des voies respiratoires n'est plus en mesure de les saisir et de les éliminer. Voilà pourquoi ces bactéries peuvent se fixer à l'entrée même des voies respiratoires supérieures et y déterminer les lésions caractéristiques du charbon. Les choses se passent tout autrement pour les bacilles de la tuberculose. Il leur faut autant de jours qu'il faut d'heures au bacille du charbon pour se développer d'une façon appréciable; avant que ce développement ne puisse s'effectuer, ils ont donc de grandes chances, dans les conditions ordinaires, d'être rejetés des voies respiratoires par les cils vibratiles du revêtement épithélial. Il faut donc l'intervention de causes adjuvantes spéciales pour leur permettre de se fixer dans l'appareil respiratoire. Les principales et les plus fréquentes de ces causes favorisant l'infection paraissent être les maladies, comme la rougeole, qui privent momentanément l'appareil respiratoire de son épithélium protecteur ou qui fournissent des sécrétions stagnantes permettant le séjour et la culture du bacille de la tuberculose. On a aussi, et assurément avec raison, attiré l'attention sur les adhérences du poumon et les déformations thoraciques comme favorisant la production de la phtisie, en gênant les mouvements du poumon, en per-