CAUSES ADJUVANTES DE L'INFECTION PAR INHALATION
mettant l'accumulation et la stagnation des sécrétions bronchiques et par conséquent la fixation et le développement de bacilles de la tuberculose.
« Si l'on se rend bien compte de la nécessité de ces causes adjuvantes, on ne s'étonnera plus tant qu'un si grand nombre d'hommes échappent à l'infection, malgré les rapports les plus étroits avec les phtisiques, tandis que d'autres sont infectés dès la première occasion; ainsi s'explique aussi pourquoi, parmi ceux qui pendant longtemps ont bravé impunément l'infection, il en est qui finissent cependant, à un moment donné, par en être victimes. Chez les premiers, le bacille de la tuberculose, certainement introduit en mainte circonstance dans les voies respiratoires, n'a pas trouvé les conditions nécessaires à sa fixation, et il a été expulsé au dehors. Chez les seconds, il existait quelque point vulnérable dans les organes respiratoires où les bacilles pouvaient se loger et il a suffi que le germe infectieux vint précisément à tomber sur ce point défectueux; quant à ceux dont il a été question en dernier lieu, ils ont fini par acquérir cette défectuosité des voies respiratoires et ont ainsi perdu, dans une certaine mesure, leur immunité antérieure contre la tuberculose. Les difficultés qu'éprouve le bacille de la tuberculose à se fixer dans les voies supérieures de la respiration sont plus grandes encore, et ainsi s'explique la rareté des affections tuberculeuses primitives de ces régions'. »
Avant les recherches modernes, les cliniciens avaient du reste beaucoup insisté sur le rôle provocateur de la bronchite aiguë, des rhumes négligés, de la grippe, de la coqueluche, dans la production de la tuberculose pulmonaire. Ces causes banales agissent, non pas comme on le croyait autrefois, en suscitant l'éclosion d'une diathèse tuberculeuse, mais simplement en provoquant des lésions catarrhales et desquamatives de l'appareil respiratoire qui facilitent la fixation et la multiplication des bacilles tuberculeux introduits par inhalation. En tète de ces bronchites favorisant le développement de la phtisie, il faut placer les bronchites professionnelles, celles qui sont produite par l'inhalation des poussières minérales ou organiques et qui déterminent les diverses affections pulmonaires connues
1. KocH, Die ^tiologie (1er Tuberkulose (Mitlheil. a. d. /•. Gesundheilsamte, Bd 2, 1884, p. 79).
PNEUMONOGONIOSES ET PHTISIE.
SOUS le nom de pneiwionoconioses (Zenker). On sait la fréquence (le la phtisie pulmonaire chez les individus exposés à l'accumulation, dans leurs poumons, de poussières charbonneuses, siliceuses, calcaires, ferrugineuses ou autres (mineurs, tailleurs de pierres, aiguiseurs, mouleurs en bronze, etc.). Toutes les lésions ulcéreuses du poumon observées dans ce cas ne relèvent pas toujours de la tuberculose, mais il est certain que la phtisie pulmonaire complique fréquemment les pneumonoconioses, qui agissent sans doute en favorisant la pénétration du bacille de Koch dans le parenchyme pulmonaire. Le même fait a été observé sur les animaux de l'espèce bovine respirant l'air vicié par la fumée chargée de poussières des hauts fourneaux, à Freiberg, en Saxe (Siedamgrotzky, Johne). Dans ce district minier, les bovidés sont très fréquemment frappés d'une sorte de pneumonie caséeuse chronique, dont la nature tuberculeuse a été mise en évidence par la constatation du bacille et par les effets de l'inoculation. Là encore les lésions inflammatoires provoquées dans les poumons par l'inhalation de poussières irritantes ont favorisé l'infection
Toutes les expériences d'inhalation de produits tuberculeux ne donnèrent pas des résultats aussi démonstratifs que ceux obtenus par Tappeiner et par Koch. Santi-Sirena et Pernice firent sécher au soleil des crachats de phtisiques, les pulvérisèrent et les déposèrent au fond d'un vase à large col avec des cobayes qui soulevaient cette poussière par leurs mouvements et devaient ainsi en faire pénétrer dans leurs voies respiratoires. Aucun de ces cobayes ne devint tuberculeux, mais ce résultat négatif n'a pas lieu d'étonner, maintenant que nous savons que la lumière solaire détruit rapidement la virulence et la vie des bacilles de la tuberculose. Il est plus difficile de s'expliquer pourquoi les expérimentateurs italiens ont aussi constamment échoué en injectant directement des crachats tuberculeux dans la trachée de cobayes, de lapins et de chiens^.
Celli et Guarnieri réussirent à provoquer la tuberculose chez les animaux en leur faisant inhaler des crachats tuberculeux pul-
1. Johne, Die kâsige Pneumonie, speciell die sogen. kâsige Hlittenrauchpneumonie oder Hiittenrauchtuberkulose des Rindes [Fortschr. cl. Med., 1893, p. 679).
2. SiRENA et Pernice, Sulla trasmissibilità délia tuberculosi per mezzo degli sputi dci tisici [Gaz. degli ospedali, 1883, n° 25).