PRÉTENDUE DÉCOUVERTE DE KLENCKE
communiquer d'un organisme à un autre. Il dit avoir ainsi réussi à transmettre, par injection intra-veineuse chez le chien et le chat, le cancer et la mélanose de l'homme.
Klencke consacre à la tuberculose les lignes suivantes : <( Les cellules tuberculeuses se comportent comme les cellules cancéreuses; elles sont susceptibles d'être transplantées. Une expérience démonstrative de ce fait est la suivante: des cellules tuberculeuses préparées préalablement et montrées à mes assistants sous mon appareil de Shiek furent introduites dans la veine jugulaire d'un lapin qui, sacrifié six semaines après, présenta une tuberculose étendue du foie et du poumon. Ce lapin servit ensuite à inoculer une corneille, mais sans que l'on espérât ni qu'on obtînt quelque résultat. » — Tout se borne à ces quelques lignes et l'auteur passe à un autre sujet, paraissant méconnaître lui-même la valeur du résultat annoncé.
Koch, dans son mémoire sur VEtiologie de la tuberculose, fait un exposé sommaire de l'historique de la tuberculose expérimentale, dans lequel il s'exprime ainsi : « Des tentatives isolées, incomplètes et négatives quant aux résultats, furent faites à la tin du siècle dernier pour provoquer expérimentalement la tuberculose. Les premières expériences suivies de succès datent de Klencke qui, en l'an 1843, par l'inoculation de tubercules miliaireset infiltrés de l'homme, pratiquée par injection dans la veine jugulaire, sur des lapins, provoqua une tuberculose généralisée au poumon et au foie. Klencke doit donc être désigné comme celui qui a découvert la tuberculose expérimentale. Il n'a pas poursuivi ses expériences, aussi tombèrent-elles presque dans l'oubli. Villemin étudia la tuberculose expérimentale d'une façon plus systématique et plus approfondie. Il inocula non seulement la tuberculose de l'homme, mais aussi la pommelière du bœuf et établit, par la voie expérimentale , l'identité des deux maladies ' . »
Telle est la revendication formulée d'une façon inattendue par Koch, en faveur de Klencke, contre Villemin. Personne sans doute ne s'y associera. Kelsch a fait justice aussitôt de cette étrange exhumation : « C'est sur une simple mention de huit lignes à peine que se fonde l'assertion de M. Koch. Une découverte réelle peut sans doute tenir en quelques mots, mais elle
1. R. Koch, Die Aclidlogic der Tubcrkiilosc [Miltheilungen ans dem kais. Gesundheilsainte. Bd 2, 1884, p. 2).