REVENDICATION NON JUSTIFIÉE
occupe assurément une grande place dans la pensée de son auteur. Comment admettre que Klencke ait senti la portée du résultat obtenu, puisqu'il lui attribue la nième signification qu'à la transplantation des cellules cancéreuses d'un point de l'organisme à l'autre, puisque ce résultat ne provoque chez lui ni réflexion, ni recherches ultérieures, qu'il est tout aussitôt oublié par lui-même, méconnu par ses contemporains, et qu'il reste ignoré par ses successeurs? Quelle distance entre cette expérience rudimentaire, perdue entre des inoculations de carcinome et de mélanose, et les imposants travaux sur lesquels Villemin a fondé la doctrine nouvelle*! »
Il est impossible de mieux dire; nous estimons que la part que Koch s'est faite dans l'investigation de la tuberculose expérimentale est assez belle pour que ce savant n'ait rien à gagner en essayant d'amoindrir celle qui revient légitimement à Villemin. Vouloir attribuer à Klencke et non à Villemin la découverte de la virulence de la tuberculose nous semble une pi'étention tout aussi injuste que celle qui consisterait à réclamer pour Klebs ou pour Toussaint, aux dépens de Koch lui-même, la découverte du microbe de la tuberculose. Du reste, sur ce point, nous ne pouvons mieux faire que de nous en rapporter au jugement de Cohnheim, qui fut d'abord l'un des adversaires et qui devint plus tard l'un des plus éloquents et des plus ingénieux adeptes de la doctrine de Villemin. Dans son célèbre opuscule sur la tuberculose envisagée comme maladie infectieuse, il rappelle dès les premières lignes le grand événement scientifique qui se produisit en 1865. « A cette époque, dit-il, se fit en France cette fameuse découverte, d'où date pour l'histoire de la tuberculose non seulement un incomparable progrès, mais une révolution radicale dans la façon de comprendre cette maladie. A coup sûr, il est peu de découvertes qui aient autant frappé l'esprit des médecins que la démonstration, due à Villemin, de la transmissibilité de la tuberculose. Partout où l'on se livrait à la recherche scientifique, on se mit à l'œuvre pour vérifier les assertions de Villemin et répéter ses expériences-. »
1. Kelscit, L'histoiro de la tuberculose expérimentale selon Koch. (G«î. //pfirf. 1884, p. 32S.)
2. (3ohn:ieim, Die Tuberkulose voin Standpun/cte der Infeclionslehre. Leipzig^ 188), p. 1.