NOUVELLES EXPÉRIENCES
vérisés par voie humide, tandis que les mêmes crachats, inhalés sous forme de poussières sèches, demeurèrent inoffensifs. Les résultais positifs de l'inhalation devenaient plus nombreux si l'on provoquait préalablement chez les animaux des lésions de l'appareil respiratoire (inhalation de vapeurs de chlore, injection intra-trachéale d'ammoniaque, section d'un nerf récurrent, etc.)'.
De Toma a provoqué également chez différents animaux la tuberculose à la suite de l'inhalation de crachats pulvérisés de phtisiques ; l'infection serait favorisée par certaines conditions telles que le jeûne, l'affaiblissement de l'organisme, ou des lésions préexistantes de la muqueuse respiratoire ".
Thaon a soumis des cobayes à des pulvérisations de crachats tuberculeux émulsionnés dans l'eau, durant une semaine, matin et soir, pendant un quart d'heure; il a ainsi amené la mort des sujets en douze ou quatorze jours, d'ime façon inévitable. Les derniers jours les cobayes étaient en proie à une dyspnée extrême. A l'autopsie, les poumons étaient complètement solidifiés, d'un rouge bleuâtre, criblés de points jaunes. A l'examen microscopique, on constatait des foyers de pneumonie acineuse, avec des amas de bacilles tuberculeux occupant les cellules des exsudais intra-alvéolaires. En sacrifiant les cobayes, à partir du huitième jour après le début de l'expérience, on constata que le nombre des bacilles augmentait jusqu'au moment de la mort de l'animal. On peut ainsi saisir l'arrivée du bacille par les bronchioles, sa pénétration jusqu'à l'extrémité des conduits respiratoires et sa pullulation dans l'épithélium pulmonaire.
Thaon soumit aussi'des lapins à ces expériences d'inhalation ; ces animaux survivent plus longtemps que les cobayes ; au bout de trois semaines, on trouve dans leurs poumons des granulations demi-transparentes, des nappes d'infiltration grise qui envahissent une grande partie de l'organe; les infiltrations caséeuses sont parfois si complètes que les deux poumons ne forment plus qu'une masse jaunâtre, englobant le cœur^
Cadéac et Malet ont fait dessécher des crachats tuberculeux
1. Crlli et GoARNiERi, Ancora inlorno alla profillassi dolla tubcrcolosi {Atti C. IL Accad. med. de Roma, 1886, anno XII, vol. 2).
2. De Toma, Sulla viriilcnza dcUo sputo tubercolare [Annali universali di med. 1886, juin),
3. Thaon, Des pneumonies tuberculeuses, leur évolution sous l'influence du bacille (C. r. delà Soc. de BioL, 188o, p. 582).