CORNET : VIRULENCE TUBERCULEUSE DES POUSSIÈRES
la virulence tuberculeuse des crachats desséchés, mais celle de l'air où vivent les phtisiques ou, ce qui revient au même, des particules de poussière déposées par cet air. La poussière ainsi recueillie fut incorporée à un liquide stérilisé et injectée dans le péritoine de cobayes.
Des expériences de cette nature ont été faites avec des poussières de provenance diverse : salles d'hôpital , asiles d'aliénés, prisons, policliniques, salles de chirurgie, appartements de la ville occupés par des phtisiques; enfin avec des poussières recueillies, à une certaine hauteur, sur la façade de quelques maisons situées dans les rues les plus fréquentées de Berlin. L'inoculation intra-péritonéale de ces poussières fut faite à 392 cobayes. Un certain nombre de ces animaux demeurèrent sains; d'autres succombèrent, dès les premiers jours, à de la péritonite, à des septicémies ou à des suppurations, rapidement provoquées par la présence, dans les poussières, de divers microbes pathogènes; enfin, près d'un tiers d'entre eux (128) moururent ou furent sacrifiés présentant des lésions tuberculeuses, à point de départ nettement intra-péritonéal et dont la nature tuberculeuse fut toujours vérifiée par la constatation du bacille de Koch.
En parcourant l'exposé très détaillé de ces expériences, on s'assure d'abord de ce fait que le bacille de la tuberculose existe fréquemment dans la poussière recueillie dans les locaux occupés par un seul ou par plusieurs phtisiques, mais qu'il fait défaut dans les poussières d'autre provenance. Ce premier résultat offre un côté consolant, puisqu'il tend à montrer que le bacille de la tuberculose ne se rencontre pas, dans l'air des localités habitées par l'homme, avec cette ubiquité que certains médecins sont enclins à lui attribuer.
La forme de tuberculose infiniment la plus fréquente chez l'homme est la tuberculose pulmonaire ; il est très probable que celle-ci résulte de l'inhalation de germes tuberculeux contenus dans l'air. Nous verrons d'autre part que ni l'air expiré par les phtisiques ni leurs sueurs ne renferment de bacilles. La contamination de l'air s'effectue donc, dans l'immense majorité des cas, ainsi que l'avaient pensé Villemin et Koch, par les crachats dos phtisiques, desséchés puis soulevés sous forme de poussière. On peut donc dire, que « ce sont les crachats des phtisiques qui