‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 493 sur 689 · GERMES TUBERCULEUX DANS L'AIR DES SALLES D'HOPITAL · texte numérisé non relu

GERMES TUBERCULEUX DANS L'AIR DES SALLES D'HOPITAL

sujets sains; il y a donc là, en même temps qu'un dispositif de défense, une cause de danger, les bacilles pouvant être entraînés plus loin, dans les bronches par exemple, ovi ils trouveront un milieu plus favorable pour se développer et s'implanter dans l'économie. La muqueuse nasale, dans de certaines circonstances, chez les enfants particulièrement, peut donner passage aux bacilles de la tuberculose, sans présenter elle-même de lésion apparente, et permettre leur arrivée dans les glandes lymphatiques: de là une des causes probables des adénopathies sous-maxillaires et cervicales si fréquentes chez les jeunes sujets scrofuleux et peut-être d'autres localisations tuberculeuses encore.

Les recherches que je viens de relater ont été faites à l'hôpital Laënnec et surtout dans mon service de la Charité, où les salles ont des parquets cirés, que les infirmiers balaient plusieurs fois par jour, soulevant ainsi des nuages de poussière qu'ils respirent ainsi que les malades. La proportion des phtisiques dans ces salles est très grande : en moyenne, sur 40 lits, 30 à 32 sont occupés par des tuberculeux. Malgré toutes les recommandations, il est bien difficile d'obtenir des phtisiques qu'ils crachent exclusivement dans les crachoirs ; quand les malades sont arrivés à la dernière période surtout, ils sont trop faibles pour atteindre le crachoir, et ils projettent leur expectoration un peu au hasard, sur leur chemise, sur les draps, sur les couvertures ; les crachats se dessèchent et sont soulevés sous forme de poussière quand on change le linge ou quand on fait le lit de ces malades. C'est là un ensemble de conditions qui expliquent parfaitement la proportion si grande d'inoculations positives obtenues dans mes recherches. Depuis quelque temps, j'ai interdit le cirage et le balayage du parquet des salles : on le lave, plusieurs fois par jour, avec un torchon humecté d'une solution de sublimé au millième. La poussière résultant du balayage est ainsi à peu près supprimée. Je me propose de recommencer les mêmes expériences sur le même personnel quelques mois après le régime nouveau introduit dans le nettoyage des salles : je m'attends à ce que le nombre des inoculations positives s'en trouvera notablement réduit.

J'ai commencé aussi d'étendre ces recherches à des indivi-

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