‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 494 sur 689 · DES BIBLIOTHÈQUES, DES SALLES DE SPECTACLE · texte numérisé non relu

DES BIBLIOTHÈQUES, DES SALLES DE SPECTACLE

dus de conditions et d'occupations diverses, mais n'étant pas, professionnellement ou autrement, en rapport direct et répété avec des phtisiques. Il est probable qu'il en résultera des données intéressantes sur le degré de diffusion et d'ubiquité du bacille de la tuberculose, dans les différents milieux humains.

Le H octobre 1894 j'ai recueilli par le procédé indiqué plus haut le contenu de la cavité nasale de huit garçons employés à la bibliothèque de la Faculté de médecine et de M. G... sous-bibliothécaire. Les produits ainsi obtenus furent inoculés dans le péritoine à 9 cobayes. Parmi ces cobayes, 6 moururent peu de jours après l'inoculation, de septicémie, ou sans lésions appréciables. 2 de ces cobayes sont actuellement vivants et paraissent bien portants. Le neuvième cobaye, celui qui avait reçu dans le péritoine les produits retirés de la cavité nasale de M. G..., paraissait également bien portant au moment où ceci s'imprime (22 novembre 1894); je le sacrifiai néanmoins. A l'autopsie, la cavité péritonéale et les viscères paraissaient absolument normaux, sauf quelques ganglions mésentériques qui étaient augmentés de volume, mais sans tubercules visibles ni caséification. Néanmoins, des frottis faits avec le suc de ces ganglions révélèrent la présence de bacilles de la tuberculose, en très petit nombre, il est vrai. La rate et le foie ne contenaient pas de bacilles. Ce fait est instructif, car il montre que, six semaines après l'inoculation intra-péritonéale, les lésions tuberculeuses macroscopiques peuvent encore faire complètement défaut et l'infection ne se manifester que par un peu de tuméfaction des ganglions rétropéritonéaux et par la présence, à leur intérieur, de quelques rares bacilles. Il y a donc intérêt à garder les animaux vivants le plus longtemps possible, étant donné la marche éminemment chronique des tuberculoses provoquées par l'inoculation d'un très petit nombi e de bacilles.

J'ai fait recueillir le contenu de la cavité nasale de 6 machinistes et de M. M..., chef d'orchestre de l'Opéra, tous bien portants ; ces produits furent inoculés dans le péritoine, à 7 cobayes, le 21 juillet 1894. Le 11 septembre, le cobaye ayant reçu le mucus nasal de M. M... mourut très amaigri, avec des lésions tuberculeuses typiques du péritoine, des ganglions mésentériques, de la rate et du foie.

Ces dernières expériences en cours d'exécution sont encore trop peu nombreuses pour permettre d'en tirer des conclusions précises. Je les ai fait porter sur des sujets sains, mais séjournant pendant un temps assez long dans des milieux (bibliothèques publiques, salles de spectacle) oii beaucoup de personnes se trouvent réunies et oii règne une poussière plus ou moins abondante. Il semble que les résultats positifs des inoculations soient moins nombreux dans ces cas que pour les inoculations faites avec le produit nasal des individus vivant dans

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