PRÉDOMINANCE DES TUBERCULES AUX SOMMETS DES POUMONS
malades vivaient presque côte à côte, respirant le même air, sans que toutefois leur fumier ni leurs aliments ne pussent se mélanger. 12 lapins et cobayes ayant ainsi séjourné pendant deux à trois mois dans la même atmosphère que 19 tuberculeux, ne contractèrent pas la tuberculose. « L'interprétation de ces résultats négatifs est facile, si l'on songe que ces deux groupes d'animaux occupaient des cages où les excréments, l'urine, l'eau qui servait à les abreuver maintenaient le fond constamment humide, de sorte qu'il ne se faisait entre ces deux lots d'animaux qu'un échange d'air expiré et qu'il n'y avait pas ici de poussières desséchées susceptibles d'impi'égner des corps poreux, d'être agitées par le renouvellement de la litière et de flotter dans l'atmosphère pour se répandre dans le compartiment adjacent et contaminer finalement le lot d'animaux sains. L'air expiré par les animaux sains et par les animaux malades s'est seul mélangé, et les résultats négatifs obtenus nous conduisent à la négation de sa virulence. » Enfin Cadéac et Malet ont condensé la vapeur d'eau exhalée par le poumon des phtisiques pendant la respiration, en faisant passer l'air expiré à travers un système de deux tubes en U plongés dans de la glace pilée et reliés à la bouche du malade par un tuyau de caoutchouc. Le liquide de condensation ainsi obtenu, inoculé à la dose de trois à un demi-centimètre cube sous la peau de lapins et de cobayes a donné des résultats négatifs, sauf dans deux cas, oii il est probable que l'air expiré avait été souillé par le mélange d'un peu de salive ou de mucus. Ces recherches montrent que « le virus de la tuberculose ne peut avoir l'air expiré pour véhicule ' . »
L'extrême prédominance, chez l'homme, des localisations pulmonaires de la tuberculose prouve, d'une part, la grande prédisposition de cet organe à être frappé par la tuberculose ; elle montre d'autre part et surtout que le poumon constitue sans doute dans la grande majorité des cas la porte d'entrée du virus tuberculeux. On sait aussi que les sommets du poumon sont le plus souvent les points primitivement atteints; il est de notion vulgaire que c'est par les sommets du poumon que la phtisie pulmonaire débute presque toujours, et c'est là que
1. Cadéac et Malet, De la transmission de la tubcrculosp par l'air expiré et par l'atmosphère {Revue de médecine, 1887, p. 545).