INFECTION PAR LA VOIE DIGESTIVE CHEZ L'HOMME
trinaires, à une certaine période de la maladie, les ulcérations tuberculeuses de l'intestin; il est infiniment probable qu'elles sont déterminées par la déglutition des crachats virulents. Mos- 1er a signalé le fait intéressant que les phtisiques aliénés, qui avalent presque constamment leurs crachats, présentent relativement aux phtisiques ordinaires une proportion notablement plus grande de tuberculose intestinale, et avec des lésions exceptionnellement étendues'. La tuberculose intestinale primitive est beaucoup plus rare, chez l'adulte du moins; chez les jeunes enfants au contraire, elle s'observe fréquemment, constituant ce qu'on appelle la phtisie mésaraïque ou carreau. Elle résulte, selon toute probabilité, de l'ingestion de produits tuberculeux et particulièrement de lait de provenance tuberculeuse. La proportion beaucoup plus considérable de la phtisie intestinale chez les jeunes enfants confirme ce que l'expérimentation vient de nous révéler sur la réceptivité plus grande des jeunes animaux pour la tuberculose par ingestion. Une autre manifestation scrofuleuse extrêmement commune chez les enfants en bas-âge, l'engorgement des ganglions sous-maxillaires et cervicaux, peut aussi, dans certains cas, tenir à une infection tuberculeuse s'effectuant par les voies digestives supérieures, sans lésion apparente de la muqueuse servant de porte d'entrée au virus.
Les faits expérimentaux qui viennent d'être exposés mettent hors de doute la possibilité de conférer la tuberculose aux différents animaux, par la voie intestinale. Mais pour mettre ce point en lumière, la plupart des expérimentateurs avaient soin de faire absorber aux animaux des matières dûment et puissamment virulentes, des organes tuberculeux entiers, des poumons de phtisiques ou d'animaux tuberculisés, ou des cultures du bacille de la tuberculose. Appliquées à l'étiologie de la tuberculose d'origine alimentaire chez l'homme, la plupart de ces expériences en quelque sorte schématiques pouvaient être considérées comme peu démonstratives et alarmantes à l'excès. Les viscères d'animaux atteints de lésions tuberculeuses, pour peu que ces lésions soient prononcées, n'entrent jamais ou presque jamais dans l'alimentation de l'homme, surtout sans
1. MosLER, Uebcr die Infection der Darmschleimhaut nach Vei-schlucken tuberkulôser Sputa {Deutsche med. Wochenschr., 1883, n° 19).